Je donne à l'Église
Agenda
Paroisses
Accueil Contacts

Ministères institués de Jérôme Mandoul

Gaillac, le 7 septembre 2025

 

Cher Jérôme, chers amis,

Aujourd’hui est un jour de fête et de joie car Jérôme, qui est l’un d’entre nous va recevoir les ministères institués de la Parole et de l’Acolytat.

Le ministère de la Parole est un charisme que le Saint Esprit a donné à quelques-uns d’entre nous au Baptême en vue de servir la Parole de Dieu en se laissant former par elle et en annonçant la Parole de Dieu avec fidélité.

Le ministère de l’Acolytat est aussi un charisme que le Saint Esprit a donné à quelques-uns d’entre nous au Baptême en vue d’animer la prière de distribuer le pain de vie.

Ces deux ministères sont donc un service qui concerne d’abord celui qui sert puis, en vue de servir les autres.

Cher Jérôme, lorsqu’on reçoit une mission au cœur d’un sacrement comme aujourd’hui au cœur de cette Eucharistie, et c’est aussi valable pour tous les autres sacrements, alors la Parole que Dieu adresse à ce moment-là est une Parole qui s’adresse très précisément et personnellement à celui qui reçoit la mission.

Donc ce que Dieu vient de dire dans la Parole proclamée, tant par le Livre de la Sagesse, que par le Psaume 89, que par la lettre que Saint Paul a adressée à Philémon, que par l’Évangile selon Saint Luc entendu à l’instant, toute cette Parole de Dieu s’adresse particulièrement à vous Jérôme.

Cette Parole que Dieu vous adresse aujourd’hui, précisément ce dimanche, pas dimanche dernier, pas dimanche prochain, mais ce dimanche, cette Parole sacrée n’est pas un hasard : elle va imprimer en vous une manière d’être serviteur.

C’est à partir de votre humanité, de votre histoire, de vos engagements, et particulièrement votre engagement avec Carole dans le sacrement de mariage, que Dieu s’adresse aujourd’hui avec vous pour faire de vous son serviteur.

Il ne s’agit pas de faire le lecteur ou de faire l’acolyte, comme un jour, quand vous serez diacre, de faire le diacre, comme nous de faire le prêtre ou de faire l’évêque, mais d’être.

Être lecteur de la Parole, c’est à dire être à son écoute, être acolyte, c’est à dire permettre de goûter au pain véritable qui vient du ciel, non pas comme celui que nous mangeons habituellement et qui ne nous empêche pas de mourir.

Ainsi, selon le Livre de la Sagesse, vous aiderez ceux que vous rencontrerez à accepter de ne pas tout comprendre, et à entrer dans la grande Sagesse de Dieu : « Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? Les réflexions de mortels sont incertaines et nos pensées instables ; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d’argile alourdit notre esprit aux mille pensées ».

Oui, déjà, Jérôme, vous avez par votre première vocation de médecin profondément expérimenté que la vie est très fragile et qu’elle est un grand mystère qui nous échappe.

Votre vie de médecin est un combat permanent pour la Vie que la mort menace à tout instant.

Mais maintenant, plus que cela, plus que guérir comme médecin, il s’agit d’être sauvé par le Christ lui-même, c’est à dire, que votre ministère va permettre à chacun d’être réconcilié avec la vie dans les joies comme dans les peines, en acceptant que tout ce qui arrive, a son secret en Dieu, et que tout a un sens en Dieu. Tout a un sens en Dieu, même ce qui nous paraît le plus insensé et le plus inacceptable, contrairement à ce que le diable nous souffle, qu’au fond, tout est peine perdue.

Non pas que Dieu veuille tout ce qui arrive, mais dans tout ce qui arrive et à partir de tout ce qui arrive, Dieu par Jésus dit une Parole de Vie : Jésus est la Sagesse qu’il nous a donnée.

Dans le Psaume 89, Dieu s’est aussi adressé à vous à l’instant pour éclairer les ministères que vous allez recevoir :

Vous allez aider, parce que la vie est fragile, parce que comme dit le psaume « la vie est une herbe qui fleurit le matin et le soir, elle est fanée, desséchée », vous aller aider à ce que chacun prenne au sérieux la vie présente.

Et de recevoir de Dieu « la vraie mesure de nos jours ».

La vie actuelle est folle, insouciante, inconsciente, qui embarque tellement d’hommes et de femmes à subir les évènements sans autre espérance que de sauver leur peau de manière illusoire.

Être ancré dans le présent de sa vie, ici et maintenant et grâce à Dieu, accepter la pesanteur et l’opacité du présent.

Saint Paul disait dans sa lettre aux Corinthiens : « actuellement, nous voyons comme dans un miroir, d’une manière obscure, et notre connaissance est partielle ».

Mais ajoute-t-il, un jour « je connaîtrai comme je suis connu par Dieu ». (1 Co 13, 12).

Jérôme, aidez ceux qui s’approchent du Christ à sentir la douceur du Seigneur notre Dieu ».

Exercer un ministère au nom du Christ, c’est aussi comme Saint Paul l’exprime dans la lettre à Philémon, se dessaisir de ce que l’on a de plus cher : c’est pour Saint Paul se dessaisir « d’Onésime à qui il a donné la vie dans le Christ », Onésime qui est comme son cœur, dit-il.

C’est pour cela que dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jérôme, Jésus ne vous dit pas, en devenant ministre de la Parole et de l’Eucharistie, qu’il faut renier son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, ou vous-même. Et il ne vous demande pas de dire cela à ceux que vous allez servir.

Mais il vous dit précisément de préférer Jésus à quiconque et que les relations à ceux que vous aimez ne soient jamais directes, mais passent toujours par le Christ.

Préférer Jésus, c’est marcher à sa suite en portant chacun sa croix dit-il.

La croix, ce n’est pas ce qui nous arrive de mauvais, les petits problèmes ou les grandes souffrances ; la croix c’est se dessaisir de soi-même comme Jésus l’a fait sur sa croix, c’est laisser crucifier l’homme ancien qui est en nous, pour affronter les inconvénients d’exister et laisser Dieu nous en donner la victoire.

Jérôme, je vous le disais au début de cette homélie : quand Dieu parle dans les sacrements, et particulièrement, aujourd’hui pour votre institution de ministre de la Parole et de l’Eucharistie, c’est une Parole personnelle qu’il vous a adressée personnellement et à chacun de tous ceux qui sont ici présents dans cette église.

Jérôme, votre appel au diaconat est dans le secret de Dieu dans votre histoire concrète.

Votre histoire concrète sera la chair de votre ministère, d’abord de laïc, et un jour de diacre si telle est la volonté de Dieu.

Vous avez eu la joie de goûter à l’appel du Seigneur dans le mariage en rencontrant Carole, vous avez transmis la vie à…… et à….

Vous avez eu aussi la joie d’entendre un appel du Seigneur à le servir un jour dans le diaconat, et Carole vous a soutenu dans ce mystère.

Et maintenant, Jérôme, vous qui avez tellement soigné les corps et les esprits et qui je suis sûr vous battrez encore comme médecin pour toutes celles et ceux qui souffrent dans leur chair et dans leur corps, vous portez maintenant avec Carole et jusqu’à la fin de votre vie une souffrance qu’aucun médecin de peut guérir.

C’est pourquoi, à travers les 2000 ans qui vous séparent de lui, Saint Paul Saint Paul, vous adresse une parole personnelle que je vous transmets de sa part et que vous trouverez dans sa deuxième lettre aux Corinthiens : il vous l’adresse pour exprimer sa proximité et sa communion avec vous et avec Carole.

« Afin que je ne sois pas enflé d’orgueil pour avoir reçu des révélations si extraordinaires, une dure souffrance m’a été infligée dans mon corps (..) Trois fois j’ai prié le Seigneur de me délivrer de cette souffrance.

Il m’a répondu : ‘Ma grâce te suffit. Ma puissance se manifeste précisément quand tu es faible’

Je préfère donc bien plutôt me vanter de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ étende sa protection sur moi. (…)

 Car alors, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12,

 

Jérôme, avancez dans ces ministères avec le soutien de Carole et puissiez-vous entendre Dieu vous dire comme à votre frère Saint Paul : « Ma grâce te suffit ».

 AMEN.

 

† Jean-Louis BALSA
Archevêque d’Albi