Pédocriminalité et abus dans l’Église : mesures et contact

Dans sa lettre au Peuple de Dieu (20 août 2018), le Pape François affirme : «Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit.» Il invite à unir nos forces dans cette lutte contre les abus dans l’Église car « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui».

Les révélations, si fréquentes, d’abus sexuels concernant les enfants et les jeunes ne tombent jamais dans l’indifférence. L’émotion ne s’émousse pas. Chaque « affaire » trouble les esprits et ébranle l’opinion. Et quand il arrive qu’un membre de l’Église soit mis en cause, les réactions atteignent une très grande violence, la déception étant à la hauteur des attentes. On ne peut que louer l’extrême sensibilité à l’égard des souffrances et malheurs des enfants et des jeunes : leur présent, leur avenir, doivent rester la préoccupation majeure et constante de tous.

La Conférence des Evêques de France (CEF) a pris depuis plus de quinze ans un engagement ferme de lutte contre la pédophilie et d’écoute des victimes ou témoins d’actes pédophiles commis par des prêtres ou par toute personne placée sous la responsabilité de l’évêque. Il appartient aux évêques de signaler systématiquement à la justice tous faits de mauvais traitements ou d’atteintes sexuelles dont ils auraient connaissance.

Rechercher la vérité

La recherche de la vérité, aussi brûlante soit-elle, reste la première des exigences. Désormais, aucun groupe, aucune institution, aucun mouvement ne pourra, ni ne devra nier, ou dissimuler les faits. L’Église catholique s’y est engagée fermement. Le passage par l’épreuve de vérité n’est pas négociable : il s’impose.

Des mesures concrètes

Les cursus de formations des prêtres et des divers acteurs pastoraux abordent la question dramatique de la pédocriminalité et des abus. En 2016, de nouvelles mesures ont été annoncées par l’épiscopat. La Conférence des Evêques de France souligne l’importance que les victimes trouvent « un lieu où elles soient assurées d’être accueillies, écoutées et accompagnées. Outre la rencontre avec l’évêque ou son représentant direct, il est souhaitable que chaque victime puisse entrer en contact facilement avec les personnes en charge de cette écoute.

Mgr Jean Legrez a mis en place une cellule diocésaine d’écoute et d’accueil des victimes d’abus sexuels commis par des personnes qui ont des responsabilités dans le diocèse (prêtres, agents pastoraux, laïcs en mission ecclésiale). Cette cellule, placée sous la responsabilité de l’évêque, est composée de cinq personnes dont les compétences complémentaires garantissent une écoute attentive et un juste soutien des victimes.

Cette cellule veut donner à chaque personne, qui se déclare victime d’agressions pédophiles de la part d’un agent du diocèse, la possibilité de dire non seulement les faits mais aussi sa souffrance et de trouver un soutien adapté à sa situation.

L’adresse mail paroledevictimes@albi.catholique.fr est ouverte aux victimes pour contacter cette cellule.

Contact

Une cellule d’accueil et d’écoute est mise en place dans le diocèse d’Albi.

L’adresse mail paroledevictimes@albi.catholique.fr est ouverte aux victimes et aux proches.

Site national : Lutter contre la pédophilie

Reportages et témoignages après la rencontre entre des victimes d’abus sexuels et les évêques de France à Lourdes. Avec Véronique Garnier, ancienne victime d’abus et déléguée épiscopale à la protection de l´enfance et des personnes vulnérables du diocèse d´Orléans, Geneviève de Taisne, psychanalyste, membre de la cellule permanente de lutte contre la pédophilie au sein de la CEF, et Mgr de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims.

M. Jean-Marc Sauvé présente les avancées de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (CIASE) aux évêques de France au cours de leur assemblée plénière à Lourde de novembre 2019 à Lourdes. Créée à l’initiative de la Conférence des évêques de France en février 2019, la CIASE a pour objectif de « mesurer l’ampleur des abus sexuels commis au sein de l’Église sur des mineurs et des personnes vulnérables par des clercs et des religieux depuis 1950, d’étudier la manière dont ces affaires ont été traitées et d’évaluer les mesures prises depuis le début des années 2000 par l’Église de France, afin de formuler des recommandations pour que de tels crimes et délits ne se reproduisent pas. »

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