Soual : église Sainte-Sigolène

Le premier document officiel faisant mention de l’église Sainte-Sigolène de Soual date de 1123. C’est une bulle du pape Calixte II (Guy de Bourgogne) portant confirmation des droits et privilèges de l’église Saint-Benoit de Castres sur celle de Soual.

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On ne sait rien sur l’église primitive,vraisemblablement de style roman.Son édification devait remonter au XIIe siècle. Il n’en demeure que la base carrée à trois niveaux dégressifs jusqu’à 10 mètres de hauteur avec des ouvertures en forme de meurtrières et ses marques de tâcherons.
Son aménagement fut repris au XIVe siècle comme en témoigne l’architecture de la petite chapelle dite « des fonts baptismaux » avec le profil des arcs à méplat qui ornent ce lieu.

La tour du clocher devint ensuite octogonale percée de 24 ouvertures sur les 3 étages qui abritent les cloches. Sur chaque face des étages supérieurs s’ouvrent des bases géminées avec ramplage à simple oculus formant un tympan nu en un arc plein cintre ou à peine brisé.

Le clocher, surmonté d’une flèche recouverte d’ardoise, culminait à 36 mêtres de hauteur. Ce type de clocher appartient à la famille architecturale gothique languedocien du XVe siècle.
Le 4 juillet 1884, à 16h30, la foudre détruisit la flèche et incendia le clocher. Il fut décidé, lors de sa reconstruction, d’exhausser la maçonnerie de 1,40 mètres et de porter la pointe du clocher à 18,90 mètres. Ainsi l’édifice, avec une hauteur totale de 53 mètres, a certe gagné en élégance, mais a perdu tout son cachet original.
Le feu du ciel frappa encore deux fois, en 1929 et 1933, mais les dégats furent limités grâce au paratonnerre.

Les églises gothiques du XVe siècle ont souvent conservé le souvenir de l’édifice qu’elles remplaçaient en réemployant quelques vestiges de cette époque. C’est ainsi que sur le portail d’entrée, on peut voir une série de têtes humaines de conception grossière, disposées en arc de cercle. Ce sont des réminiscences de l’époque romane, récupérées sur l’église primitive.

La première église mesurait 24,30 mètres de longueur, 8,40 mètres de largeur, 10,40 de hauteur. Ses dimensions correspondaient à une population de 500 âmes environ. Elle a une orientation vers Jérusalem.
Le plan de la grande majorité des églises de style gothique languedocien se ramène au très simple dessin de la croix latine avec comme variante essentielle le chevet plat ou le chevet polygonal, comme à Soual. Ce plan très économique a été adopté à une époque très appauvri par les croisades et la guerre de Cent ans.

Soual 3En 1519 et 1667, la voûte a menacé ruine. En 1706, des réparations considérables ont été effectuées dans la nef. Le 6 juin 1729, une tempête enleva la toiture et le 27 août 1772, le couvert de la nef s’écroula. Alors, Mgr de Castellane, évêque de Lavaur, dont dépendait la paroisse de Soual, prit la sage décision de ne plus permettre d’enterrer certains paroissiens les plus méritants dans l’église mais au cimetière communal afin de ne plus ébranler les fondations de l’édifice.

En 1836, devant l’accroissement de la population et après le rattachement de la commune de l’Estap à Soual officialisé depuis 1827, un projet d’agrandissement de l’église fut envisagé, mais ce n’est qu’en 1875 que le grand chantier vit enfin le jour avec comme maître d’œuvre, l’architecte Valette et comme entrepreneur, Ulysse Bertrand.

À l’exception du clocher, l’église fut entièrement reconstruite et agrandit par l’apport de deux chapelles latérales larges de 8,30m, profondes de 3,50m avec 4m d’élévation sous clef de voûte, dédiées à la Vierge et à saint Joseph.

Une tribune adossée au clocher, mettant en communication les deux tribunes collatérales permettant à tous les fidèles de participer à la célébration des offices, a été également aménagée.

Les nouvelles dimensions de l’églises sont celles que nous connaissons aujourd’hui : 29m pour sa longueur, 16 m pour sa largeur, la hauteur ne subissant pas de modification afin de préserver intacte la magnifique voûte de la nef.

C’est de cette époque, début XIXe siècle, que date les deux tourelles de forme ronde à leur base et octogonale dans la partie qui domine le toit de l’église, élevées à gauche du parvis et côté rive du Sor, par lesquelles on accède aux tribunes depuis l’intérieur par des escaliers à vis en pierre.

Une nouvelle restauration intérieure de l’église, réalisée par des artisans et artistes locaux, a été entreprise en 1996. La parfaite harmonie des plein cintres de la voûte de grande nef a été ainsi mis en valeur. La lumière qui s’en dégage, rehaussé par l’éclairage indirect des tribunes collatérales apportent une grâce, un équilibre et une simplicité propre à ce lieu chargé de spiritualité, d’histoire et de vie.

Saix