Puylaurens : le calvaire d’Aguts

Situé entre Revel et Cuq-Toulza, Aguts, petite commune de 220 habitants, fait partie du canton de Cuq-Toulza et du secteur pastoral de Puylaurens. Son calvaire est situé sur le mamelon de Litrone, colline boisée dominant la plaine de Revel.

On pourra observer le panorama sans égal depuis le flanc de la colline du coté Est : vue sur la Montagne noire, avec ses différentes villes (Revel, Sorèze, Saint-Ferréol, Dourgne jusqu’à Castres, les Monts de Lacaune à gauche et les Pyrénées à droite).
Des deux cotés de Litrone s’élèvent deux châteaux : celui d’Aguts et celui de Montgey.

La première croix fut plantée au sommet de la colline en janvier 1879 à l’occasion d’une mission donnée à Aguts en présence d’un prédicateur, le Père Bonaventure du Tiers-Ordre des Franciscains. C’était une croix de bois de 10 mètres de haut.

En 1884, selon les archives, le nouveau curé d’Aguts, l’abbé Fargues, subjugué par le site, obtiendra du diocèse de Lyon une réplique de la vraie croix qui sera scellée dans la croix principale.
À mesure que grandissait le nombre de pèlerins, le curé Fargues pensa qu’il fallait faire davantage et décida de construire une église ou une chapelle pour abriter les nombreux pèlerins, et y célébrer les offices.

En octobre 1888 les travaux sont suffisamment avancés pour que Mgr Fonteneau, archevêque d’Albi, vienne les bénir.
En 1889, l’intrépide curé Fargues, avec l’aide du père Marie-Antoine (appelé « le saint de Toulouse ») aidé aussi par Monsieur de Belcastel, châtelain de Montgey, organise au calvaire une réunion des anciens de Terre Sainte de toute la région. La revue Le Pèlerin, organisateur des pèlerinages de pénitence à Jérusalem, rendra compte à toute la France des magnifiques cérémonies du 7 mars au calvaire.

Deux mois plus tard, le 3 mai 1889, une cloche fut baptisée et logée dans le clocher de la chapelle. Une cloche avait déjà été placée dans la « mise au tombeau », œuvre du sculpteur Moulins de Toulouse.
De mai à septembre 1889 on érigea sur le flanc de la colline un Chemin de croix. Une douzaine de familles offrirent, au nom de leur paroisse, les croix de bois qui devaient marquer chaque station. L’archevêque d’Albi sera là, le 19 septembre 1890, pour bénir les croix en présence de 3 000 pèlerins.
En 1891, les religieux de l’Assomption, organisateurs du pèlerinage de pénitence depuis 1882 à Jérusalem, ont, sur la demande de Mgr Fonteneau, promis d’apporter solennellement au calvaire d’Aguts la croix du pèlerinage de 1892.

En 1892, Monsieur le curé Fargues va en pèlerinage en Terre Sainte. Au retour, toute son activité sera tournée vers l’installation de cette croix à Aguts, en 1893. Le Baron de Belcastel, qui avait fait partie du premier pèlerinage de pénitence en 1882, fait don à Monsieur le curé d’une croix en chêne de 6,50 mètres, qui partira d’Aguts, via Marseille, sur un navire appelé « Le Poitou » en direction de Jérusalem.
Cette année-là, le nombre de pèlerins vers Jérusalem exigera deux bateaux (il y eut donc deux croix). L’une fut dirigée vers Notre-Dame des Dunes à Dunkerque, et la seconde viendra à Aguts.

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Au retour, cette croix est reçue à Albi (à la gare, le 29 septembre), puis à Revel le 2 octobre, où une foule de plus de 6 000 personnes l’attendait. On transporta la croix vers Aguts à l’aide d’une charrette tirée par des vaches. Les années qui suivirent, Monsieur le curé Fargues aménagea le calvaire :
- en septembre 1894 on ajouta sur la croix un Christ de deux mètres de haut.
- en 1908, le 14 septembre, on bénit une nouvelle croix en fer pour remplacer la croix de bois renversée par la tempête de 1906

En 1993 des bénévoles et des artisans des environs remplacent l’ancienne croix de fer, rongée par la rouille, par une nouvelle croix de 14 mètres de haut. En 1995, la commune d’Aguts entreprend de restaurer la chapelle du sommet avec la collaboration (technique et financière) de l’abbé Jean Plantade, alors curé de la paroisse.

Aguts 2En 2004, la commune d’Aguts et le diocèse d’Albi confirment leur volonté de faire du calvaire un lieu ouvert où l’on puisse organiser en toute sécurité, et pour tous, soit des cérémonies religieuses, soit des animations diverses pour autant qu’elles respectent le caractère religieux du site.

C’est ainsi qu’un bail est conclu entre le diocèse, propriétaire des lieux, et la commune pour une durée de 50 ans.

Le site devient ainsi un espace public dont la commune assure l’entretien et la sécurité obligatoires pour un tel lieu.

En 2004 et 2005 des travaux de restauration sont entrepris : d’une part sur les stations du calvaire, par un donateur privé, et d’autre part sur les 2 chapelles du bas, au départ du chemin de croix, et sur le dôme de la croix, par la commune d’Aguts.

De cette façon, le site du calvaire auquel nombre d’habitants d’Aguts et d’ailleurs sont attachés va continuer de vivre : les pèlerins et les promeneurs y seront les bienvenus.

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Le 12 septembre 2010 pèlerinage annuel au calvaire d’Aguts à l’occasion de la fête de la Croix glorieuse

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Aguts 5À la fin de la messe, une plaque a été dévoilée en mémoire de l’abbé Jean Plantade, ancien curé du secteur paroissial

Aguts 6MM. Cadène et Daydé, deux chevilles ouvrières du renouveau du calvaire entourent l’abbé Bruno Bories, l’abbé Jean Lagoffun et Louis Fournes -neveu de l’abbé Plantade- et ses petits-enfants.

Aguts 7Représentation de la Mise au tombeau

Aguts 8Représentation de la résurrection dans la chapelle du haut

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L’après midi une centaine de personnes s’est retrouvée pour prier le chemin de croix

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