Lavaur : cathédrale Saint-Alain

Construite en 1255, la cathédrale Saint-Alain est un chef d’œuvre de l’architecture gothique méridionale, dont les décors peints ont été restaurés à partir de 2013. Ces fresques réalisées au XIXe par les frères Céroni, en trompe-l’oeil, murs en grisailles et voûtes aux fins décors gothiques en couleur, resplendissent d’un nouvel éclat, invitant les visiteurs de tous âges à les relire.

© C.Xifra

Nouveau mobilier liturgique

En accord avec Monseigneur Jean Legrez et le père Joseph Dequick, curé de Lavaur, un nouvel aménagement du chœur a été créé, comprenant la table d’autel romane (1098), posée sur un socle moderne en acier corten, et l’ambon.

Vestige d’une première église romane, cette table d’autel est exceptionnelle. Il s’agit d’une table en marbre creusée en évier, décorée sur trois de ses bords chanfreinés. Au centre se tient le Christ en gloire dans un médaillon tenu par deux anges qui détournent le regard de la lumière divine. Cette oeuvre est une production de l’atelier des sculpteurs du cloître de Moissac.

Cet ensemble est posé sur une plate-forme en marbre de Caunes-Minervois (Aude). De petits spots insérés dans le marbre mettent en valeur la frise sculptée représentant le Christ servi par des anges.

Quelques éléments historiques

Chef d’œuvre de l’architecture gothique méridionale, ce bel édifice en brique a été bâti en quelques décennies à partir de 1255. Le 26 septembre 1317, le pape Jean XXII crée l’évêché de Lavaur dont il fixe les limites diocésaines et organise le chapitre épiscopal le 22 février 1318. Chaque évêque participera à l’embellissement de Saint-Alain jusqu’à la suppression du diocèse de Lavaur en 1801, par le Condordat.

L’ouvrage qui surplombe l’Agout se caractérise par une nef unique bordée de chapelles (XIVe et XVe siècles), flanquée à l’Est d’une abside du XIVe et à l’Ouest d’un puissant clocher tour avec portail monumental de la fin XVe / début XVIe siècle.

Dessins C. Xifra

Saint-Alain est composée d’une nef de 5 travées plus le chœur et l’abside sans piliers, typique du premier gothique languedocien.
Longueur : 85 m, largeur : 13,8 m, hauteur sous voûte : 28 m. La longueur totale de l’édifice, y compris la chapelle sous le clocher, est de 73 m.

Chapelle des Pères de l'Eglise, au nord. © Michel Audureau

Au fond sous la tribune de l’orgue, à mi-hauteur, les peintures de Moïse et Aaron.

Des deux côtés de la nef, les représentation des Pères et Docteurs de l’Église :
– Mur Nord : Bernard, Fulgence, Léon, Augustin, Jean-Chrysosthome, Grégoire de Nazianze, Athanase, Cyprien.
– Mur Sud : Thomas d’Aquin, Grégoire, Césaire, Cyrille d’Alexandrie, Jérôme, Ambroise, Basile, Hilaire.

A la voûte, 44 saints et saintes peints dans des médaillons.

Abside

La clef de voûte de l’abside représente un agneau pascal avec la bannière de la croix.

Autour de la clef de voûte, sur les pans triangulaires de la voûte du chevet, les médaillons des douze apôtres.

Sur les murs qui font la jointure entre l’abside et la nef, de chaque côté un ange avec un glaive, ils sont les gardiens du sanctuaire.

Au dessus : quatre anges « servants d’autel »

Au centre en haut : le Christ, grand prêtre, en habits sacerdotaux.

L’enfeu de l’évêque Simon de Beausoleil et son gisant, dans le mur sud de l’abside

Le grand orgue Cavaillé-Col

Le grand orgue Cavaillé-Coll (34 jeux) est installé en 1876, derrière un splendide buffet en bois sculpté polychrome (1523) attribué au sculpteur toulousain Nicolas Bachelier, chef-d’œuvre de l’art de la Renaissance dans le Midi.

Jacquemart

© C.Xifra

Les jacquemarts sont des automates utilisés pour frapper les heures au sommet des églises ou des beffrois. Ils font leur apparition au début du XIVe siècle et sont très présents dès cette époque en Flandres. Le jacquemart de Lavaur est l’unique automate du Sud-Ouest.

Les Annales de Lavaur rapportent que le premier automate vauréen date de 1604. La première statue fut remplacée en 1873, puis en 1922, les deux anciens automates étant conservés dans les collections du Musée de Lavaur.

Le Jacquemart évoque la légende d’un prisonnier calviniste nommé Jacques Marc, enfermé dans le clocher, contraint de sonner les heures pour signaler sa présence. Sa ruse lui aurait permis de s’échapper en confiant cette tâche à un automate…

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