Lavaur, Notre-Dame du Pech (ou de Consolation)

Dominant la plaine de Lavaur, la butte du Pech attire spontanément le regard. Couronnée d’une église dont le clocher est lui-même surmonté d’une statue c’est le sanctuaire de Notre-Dame de Consolation ou du Pech.

Lavaur Pech vue aerienne
Vue aérienne du Sanctuaire Notre-Dame du Pech. Photo Didier Descouens

Celui-ci n’existerait pas sans le Père Marie-Antoine (1825-1907), capucin, natif de Lavaur. Il fait ses études à Toulouse où il est ordonné prêtre en 1850. D’abord prêtre séculier, il fait profession monastique à Marseille en 1856. Envoyé l’année suivant à Toulouse, il est chargé d’y fonder un couvent de capucins, ce qu’il réalise à la Côte Pavée.
Éminent prédicateur, il prêche des missions aux quatre coins de la France, multiplie les retraites, organise des pèlerinages (c’est lui qui donne son impulsion à celui de Notre-Dame de Lourdes, y créant la célèbre procession de la lumière, le soir), fait courir les foules… tout cela avec un tel dévouement, une telle ardeur, de telles qualités, qu’à sa mort on n’hésitera pas à l’appeler le « saint de Toulouse ».

Or, le père Marie-Antoine dans sa fervente dévotion à Marie veut créer un sanctuaire et un pèlerinage sur la colline du Pech. Projet venu à l’esprit alors qu’il était encore jeune, son père approuvant a mis de l’argent de côté pour financer l’opération. Après des complications qui durent des années, l’achat est assuré.

La colline est acquise le 18 juillet 1898. Après quelques hésitations, les archevêques d’Albi, Mgr Fonteneau puis Mgr Mignot approuvent la création du sanctuaire et du pèlerinage.

Dès le 8 septembre 1900, la statue de Notre-Dame de Consolation est installée dans la grotte de la colline. La chapelle est achevée en juillet 1901 et en 1904 le clocher reçoit à son sommet une statue de l’Immaculée Conception.

Entre temps l’ornementation du sanctuaire s’est poursuivie : Lourdes a offert la grande statue qui était dans la basilique du Rosaire. Un grand crucifix a été apporté du sanctuaire de Quézac dans le Cantal, Assise a fait parvenir un tableau de saint Antoine de Padoue. Les capucins de Chambéry ont donné une grande statue de la Vierge en bois, un Christ à la colonne est offert à la vénération des fidèles…

notredame-du-pech-lavaurLa statue

Même mal restaurée, elle rappelle étrangement ses sœurs auvergnates que l’on voit aux Infournats et à la Drèche. La Vierge présent l’enfant assis sur ses genoux, elle le maintien de la main gauche. Tous deux sont couronnés. L’enfant Jésus bénit de sa main droite, de la gauche, lui qui enseigne le monde, tient le livre de vie fermé contre sa poitrine.

La sculpture a subi d’importants remaniements altérant sans doute considérablement son aspect. Les rainures du revers montrent qu’il manque le dossier du siège sur lequel la Vierge est assise. Les accotoirs ont été transformés par l’ajout de fleurs de lys anachroniques. Un enduit épais, destiné sans doute à masquer la lèpre du bois ou une polychromie ancienne a fait disparaître (ou du moins a remanié) le drapé des vêtements. L’attribut tenue dans la main droite de la Vierge a disparu, le trou de fixation est resté. La comparaison avec d’autres vierges à l’enfant de même iconographie atteste que Notre-Dame portait vraisemblablement au bout des ses doigts une pomme, rappel du péché originel.

La polychromie moderne reprend peut-être (mais très maladroitement) la polychromie ancienne à moins que cette œuvre n’ait été à l’origine une Vierge noire, non peinte.

Taillée dans un tronc de chêne dont elle suit la légère courbure, le revers fermé par une planche, ne cherchant pas à respecter les volumes des corps ou les attitudes, cette statue est dans la ligne des vierges romanes. Mais de facture populaire et naïve, typiquement pyrénéenne, elle n’est sans doute pas antérieure à la fin du XIIIe siècle : la forme des souliers soigneusement sculptés, la représentation des couronnes, permettent seules d’avancer cette datation qu’une restauration pourrait préciser.
La peinture a donné au visage de Marie une certaine tristesse et à celui de Jésus une certaine austérité.

Informations tirées de Pèlerinages à Notre-Dame en Pays Tarnais du père Gilbert Assémat RDT Collection Rives du Temps – 1988

Lavaur

La Chapelle du Pech se situe sur une colline à la sortie de Lavaur, direction Caraman. Elle est entourée d’un domaine boisé avec un chemin de croix dans le parc du sanctuaire. Au bas de la chapelle, se trouve une grande salle qui se loue pour des fêtes de famille et pour rencontres diverses de mouvements d’Eglise.

Contact : paroisse de Lavaur
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