La Transfiguration

Dans la 4e travée à partir des orgues, les peintres italiens ont représenté une scène de la vie du Christ : peu avant sa dernière montée vers Jérusalem, Jésus est transfiguré en présence des trois apôtres qui lui sont le plus proches. Transfiguration 1

«  Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. »

Le Christ est debout, en majesté, lumineux et le corps enveloppé d’une mandorle dorée. La tradition chrétienne situe cette scène sur le Mont Thabor.

Les trois apôtres sont agenouillés, en adoration : à la droite de Jésus, Pierre tout proche ; puis Jean, le plus jeune des disciples. Jacques est de l’autre côté. Ici ils sont témoins de la manifestation de la divinité ; plus tard ils seront les témoins de l’agonie au jardin de Oliviers.

Dans deux cartouches situées aux deux extrémités de la peinture et ornées d’une fleur de lys et de rubans, est inscrit le début du texte de l’évangile :
Côté sud : ASSVMPSIT / IESVM PET—/ RVM ET JACOBV—/ M ET IOHA- / NNES « Jésus prit Pierre et Jacques et Jean »
Côté nord : ET DVX— / IT ILLOS / IN MONTEM / ET TRANSFI— / GVRATVS (EST)… « Et il les conduisit dans la montagne et apparut transfiguré »

« Élie leur apparut avec Moïse, et ils s’entretenaient avec Jésus. »

Moïse (MOYSES) porte les tables et personnifie la loi ; les deux cornes figurent les rayons qui émanent de sa personne car il a conversé avec Dieu sur le Mont Sinaï.

Élie (HELYAS) -portant caftan à l’orientale, turban et coiffure conique- figure les prophètes. Tous deux sont représentés comme appartenant au monde céleste et ne touchent donc pas terre.

L’extrait de l’Évangile de Marc au chapitre 9, versets 2 à 10, narre ainsi la suite :

Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : «  Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur.

Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. »

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

Cette scène est aussi rapportée par les deux évangélistes Matthieu (au § 17, v.1-9) et Luc (§ 9, v. 28-36). Sur la voûte, elle est en parallèle avec une autre manifestation du Christ glorieux : l’apparition de Jésus après sa mort et résurrection au milieu de des disciples, conversant avec Thomas, le disciple incrédule.

Dans ces deux scènes, le Christ est au milieu des hommes : le Royaume des Cieux est déjà là !

Textes liturgiques : Copyright AELF – Paris – 1980 – Tous droits réservés