« Vive flamme » : le feu de l’Espérance !
Par le père Gaël Raucoules
Cette année 2025 est une année jubilaire, que le pape François a voulu placer sous le signe de la vertu théologale de l’espérance. Comme pour le grand jubilé de l’an 2000, une hymne a spécialement été composée pour rythmer la prière, la liturgie, l’expression de la foi des fidèles. À partir du texte original en italien, une traduction a été écrite en français, afin de correspondre à la musique écrite.
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R./ Vive flamme, ma seule espérance : que mon chant parvienne jusqu’à toi. de ton cœur jaillit la vie divine, sur la route j’ai confiance en toi. |
à sa voix se lève un jour nouveau. Terre et ciel sont revêtus de gloire, ils annoncent la justice et la paix. |
dans vos cœurs rayonne la parole : les nations dispersées sur la terre se rassemblent dans le Fils bien-aimé. |
Prends le vent pour guide sur ta route. N’aie pas peur de marcher sur les traces Où s’avancent les amis du Seigneur. |
Ce chant est un chant de pèlerinage. Il fait écho, dans la vie du croyant, à l’expérience du Peuple de Dieu depuis l’Exode.
Moïse, dans sa rencontre avec Dieu dans le Buisson Ardent (voir Ex 3), a reçu la révélation de l’être de Dieu comme une « vive flamme » dont l’appel vibrant ouvre au peuple opprimé un chemin d’espérance.
« J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. » (Ex 3, 7)
La prière du croyant monte vers Dieu comme un cri qui peut devenir chant… ou encore comme un chant qui peut devenir cri.
Savoir que Dieu voit et entend est une vraie consolation, et ouvre à l’espérance d’être renouvelé dans la vie divine. Cette vie divine vient de l’amour de Dieu, symbolisé par le cœur divin.
Une des manifestations de cet amour est le cœur transpercé de Jésus sur la Croix, duquel ont jailli le sang et l’eau du baptême et de l’eucharistie.
C’est l’expérience enfin des disciples d’Emmaüs, qui, sur leur route, ont relu le feu brûlant dans leur cœur comme le gage de la foi, de la confiance dans celui qui nous accompagne de son amour.
Notre pèlerinage terrestre est orienté vers la Jérusalem céleste, rassemblement de la « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Ap 7, 9). Déjà cette perspective était annoncée par le prophète Isaïe, qui, comme beaucoup de prophètes, appelait à l’écoute de la Parole :
« Tendez l’oreille, écoutez ma voix ; soyez attentifs, écoutez ma parole » (Is 28, 23).
Mais Isaïe prophétisait également le grand rassemblement eschatologique de toute l’humanité voulu par Dieu :
« Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés » (Is 25, 6).
Or, cette montagne est encore le point de ralliement de l’humanité rachetée :
« Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux » (Is 2, 2-3a).
Celui qui rassemble est un « Dieu de tendresse ». Cette expression est très abondante dans l’Ancien Testament. C’est ainsi qu’il se présente à Moïse sur la montagne du Sinaï :
« LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34, 6), et cette qualité de « tendre » ou de la « tendresse » sera repris plus de 47 fois dans l’Ancien Testament au sujet de Dieu !
Le « jour nouveau » qui pouvait sembler « redoutable » au regard des prophètes, est, là encore, explicité par Isaïe comme avènement de la Jérusalem céleste, du « ciel nouveau » et de « la nouvelle terre » (Is 65, 17 ; 66, 22), où « le loup et l’agneau auront même pâture, le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage ; le serpent, lui, se nourrira de poussière.
Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte, – dit le Seigneur » (Is 65, 25).
La justice et la paix sont l’objet de notre espérance, la réalité ultime à laquelle nous aspirons et vers laquelle nous pérégrinons.
Après l’interpellation de toute l’assemblée des fidèles, et de l’humanité en général, après la contemplation du Dieu de tendresse, retentit l’appel personnel du croyant : « lève-toi ».
Avec Nicodème, nous sommes invités à accueillir l’Esprit Saint comme un vent capable de guider notre existence :
« Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit » (Jn 3, 8).
Riche de deux mille ans d’histoire, l’Église est cette foule des « amis du Seigneur » – « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn 15, 15) – les saints et les saintes qui montrent aux pèlerins que nous sommes sur cette terre le chemin de l’espérance, le chemin de la foi, le chemin de la charité.
À chacun d’oser sa réponse !
Référence :
Vive flamme (SNPLS pour la version française/Pierangelo Sequeri)
