Sainte Émilie de Villeneuve

Mémoire obligatoire, le 3 octobre

Femme profondément enracinée en Dieu dont elle cherche toujours à faire la volonté, Émilie de Villeneuve est à l’écoute des besoins de son temps. Elle cherche toujours à y répondre, parfois avec audace. Elle sait, pour cela, prendre des risques quand il s’agit de l’annonce de l’Évangile et du développement des personnes et des peuples. Sa vie reste pour nous un exemple et un appel pour vivre notre vocation chrétienne.

Emilie de VilleneuveQui est Jeanne Émilie de Villeneuve ?

Une jeune fille de la noblesse française post-révolutionnaire, troisième enfant du Marquis de Villeneuve et de Rosalie d’Avessens. Elle vit dans le Tarn au château d’Hauterive où l’éducation est réglée par sa mère. Mais celle ci meurt alors qu’Émilie n’a que 14 ans.
La passion d’Émilie est son amour de Dieu et des plus pauvres. Émilie veut être avec les pauvres, les malades, les prisonniers, les prostituées et leur démontrer que Dieu les aime. Pour elle, les aumônes ne suffisent pas, la charité non plus. Elle veut être en relation avec eux d’égal à égal, leur rendre leur dignité d’êtres humains à l’exemple de Jésus Sauveur.

Servir les pauvres

Elle quitte son père en 1836 pour fonder une congrégation : « C’est pour Dieu que je vous quitte, je veux servir les pauvres ! », lui dit-elle. Elle fonde avec deux autres jeunes filles la Congrégation des sœurs de Notre Dame de l’Immaculée Conception le 8 décembre 1836, dite « sœurs bleues » à cause de leur habit bleu. Émilie, depuis la mort de sa mère, a pris l’habitude de confier ses joies, ses peines, les choix à faire à Marie qui est devenue sa compagne de route…

Attentives aux plus pauvres qui les entourent, elles accueillent des jeunes filles fragilisées par la misère liée au début de l’ère industrielle et s’occupent des prisonniers. Rapidement, elles ouvrent une deuxième communauté où les sœurs sont chargées de l’éducation des enfants , du catéchisme et des soins aux malades. Toutes les communautés, dans les débuts, auront cette triple mission.

Aller là où Jésus n’est ni connu, ni aimé !

En 1848, elle envoie des sœurs au Sénégal. L’année suivante, elles partent en Gambie et au Gabon. Aujourd’hui, les sœurs bleues continuent à vivre le désir d’Émilie dans différents lieux. Seize pays voient actuellement œuvrer près de 600 Sœurs Bleues.

  • En Afrique (Bénin, République démocratique du Congo, Gabon, Sénégal)
  • En Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Mexique, Paraguay, Uruguay, Vénézuela)
  • En Asie (Philippines)
  • En Europe (Espagne, France, Italie)

Un premier miracle : Binta Diaby

La jeune Binta Diaby, Guinéenne mais ayant vécu assez longtemps en Sierra Leone, musulmane, a été guérie par l’intercession d’Émilie de Villeneuve, qui nourrissait une passion pour l’apostolat en Afrique, auprès de ceux qui n’ont pas encore le bonheur de connaître Jésus-Christ… « Le cadre clinique provoqué par l’ingestion de soude caustique, traité de façon chirurgicale à plusieurs reprises et plus tard aggravé par la coagulation disséminée, par l’insuffisance hépatico-rénale, par l’état de septicémie, plongent la malade dans le coma pendant plus de douze jours et rendent le cadre sans solution et irréversible » (Propos recueillis auprès de l’un des experts des tribunaux médicaux qui a dû se pencher sur son cas).

De jeunes sœurs bleues qui accompagnent la malade lui mettent une relique d’Emilie de Villeneuve entre les mains et commencent une neuvaine… Celle-ci n’est pas encore terminée que la guérison complète se produit. Aujourd’hui Binta est mariée et maman d’une superbe fillette.

Un second miracle : Emily Maria de Souza

ste-emilie-de-villeneuve-emilyLa guérison d’une petite fille fut reconnue comme un miracle obtenu par l’intercession de Bienheureuse Émilie de Villeneuve. En 2008, quand Emily Maria de Souza, petite fille brésilienne alors âgée de 9 mois, jouait avec le fil d’un ventilateur et s’électrocuta très gravement.

Le médecin qui l’a reçue aux urgences a dit au père « Votre fille est morte, que voulez-vous que je fasse ? » Le papa a supplié « Elle n’est pas morte, faites tout ce que vous pouvez ! ». Le médecin de garde, a essayé de réanimer l’enfant pendant une heure avant que son cœur ne recommence à battre.

Lors de l’hospitalisation, le diagnostic indiquait que la fillette, si elle s’en sortait, ne pourrait plus ni voir, ni entendre, ni parler, et encore moins marcher. À sa sortie de l’hôpital, et à l’initiative d’une Sœur Bleue que connaissait le grand-père de la fillette, commence une neuvaine à Émilie de Villeneuve. La neuvaine s’est terminée le 29 mai, et le 30, l’état clinique d’Emily a complètement changé : à partir de cette date, la petite Emilly, a commencé à se développer comme une enfant normale, avec les caractéristiques propres à son âge. Les médecins ont constaté l’absence de toute conséquence neurologique, ce que la science ne peut pas expliquer. Aujourd’hui, elle est une fillette jolie, joyeuse et communicative.

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Le 14 février 2015

Communiqué de Monseigneur Jean Legrez, archevêque d’Albi

C’est dans la joie que l’Église catholique dans le Tarn reçoit aujourd’hui la proclamation du pape François annonçant que la bienheureuse Jeanne-Émilie de Villeneuve est reconnue sainte par l’Église universelle. Sa canonisation aura lieu à Rome le 17 mai 2015.

Nous sommes reconnaissants envers Dieu d’avoir suscité parmi les baptisés de notre diocèse cette vie au service des plus pauvres pour l’amour de Dieu, par une triple vocation de l’éducation des enfants, du catéchisme et du soin des malades. En union avec la Congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception, appelées Sœurs bleues à Castres, nous rendons grâce pour le cadeau ainsi offert à l’Église et à l’humanité tout entière, en proposant la figure d’Émilie de Villeneuve comme exemple et comme intercesseur.

La proclamation de sa sainteté concorde avec l’année de la Vie consacrée qui célèbre le don total de tant d’hommes et de femmes pour mener une vie donnée à Dieu et aux hommes. Tous ces consacrés annoncent déjà ce qui n’est pas encore : « Dieu tout en tous », capable de combler une vie. Qu’à l’exemple de Jeanne-Émilie de Villeneuve, attentifs aux appels de l’Esprit Saint, nous puissions travailler ensemble à annoncer « Jésus là où il n’est ni connu, ni aimé » et à bâtir une société qui sache « aller où la voix du pauvre appelle ».

Nous nous souvenons du conseil de sainte Émilie à ses sœurs : « Le meilleur moyen que vous ayez de répondre à la grâce de votre vocation baptismale est de ne rechercher en tout que les intérêts de Dieu Seul et le continuel accroissement de son règne dans les cœurs. »

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi

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