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La transmission d’une relique d’Émilie de Vialar nous redit l’appel à la sainteté

 

Le 12 septembre 2025, jour anniversaire de la naissance de sainte Émilie de Vialar en 1797, un événement bien particulier a rassemblé à Gaillac en l’église St-Pierre des membres de sa famille de sang et de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition qu’elle avait fondée le jour de Noël 1832 : 

Ce fut la transmission aux Sœurs -sa famille spirituelle-, de la relique qu’ils ont découverte deux ans plus tôt en déplaçant les archives de la famille lors de travaux de rénovation de la maison familiale.

Procession d’entrée : la famille porte des bougies et Sr Rachel la relique

A cette relique était joint un certificat en latin signé par l’évêque de Marseille daté du 18 juin 1939, jour de la béatification d’Émilie par Pie XII (qui la canonisera le 24 juin 1951).

Leur grand-mère ayant assisté à cette cérémonie de béatification à Rome, avait été invitée à l’ambassade de France et avait reçu cette relique de la part de l’évêque de Marseille, la ville où Émilie avait été enterrée.

Dans le certificat joint, est spécifiée la possibilité de garder cette relique ou de la donner pour l’exposer à la vénération dans toute église, chapelle ou oratoire.

Accueil par le P. Gaël

Le Père Gaël Raucoules, curé de la Paroisse St-Michel, a invité dans son homélie

« à réfléchir au rapport qu’entretient l’Église avec les reliques, et au sens que celles-ci peuvent avoir pour nous, croyants.

Les reliques nous renvoient au mystère de l’Incarnation.
Nous ne sommes pas des êtres éthérés, hors-sol, qui ne vivrions que dans le domaine de l’esprit.
Cela serait profondément dangereux, et contraire à la révélation biblique.

Nous sommes des êtres incarnés, corps, âme et esprit unis, et nous avons besoin de signes, de gestes, d’éléments qui parlent à nos sens.

 

La relique est déposée à la fin de la célébration dans la chapelle de Ste Émilie

Ainsi, les premières générations de chrétiens se réunissaient dans les catacombes, pour y célébrer les saints mystères, d’une part à cause des persécutions, d’autre part en vertu de la foi en la communion des saints.
Ces corps, qui avaient été temples de l’Esprit-Saint en vertu du baptême, désormais promis à la gloire du ciel au jour de la résurrection, en raison du martyre ou de l’exemplarité de leur vie, devenaient ces liens, ces ponts entre la partie visible de l’Église, sur la terre, et la partie invisible de l’Église, au ciel.

Cette perspective s’est ensuite déployée au fil des siècles, en bâtissant des autels sur les tombeaux des saints – des martyrs surtout – puis en mettant des reliques dans les autels, alternant entre périodes d’inflation dans le culte des reliques, et désintérêt soupçonneux de pratiques confinant avec la magie.

Cependant, la tradition et la dévotion populaire viennent nous redire, comme savent le rappeler les personnes simples et humbles, l’appel et le chemin qui nous sont proposés encore et encore.

L’appel, c’est celui de la sainteté.
En priant les saints d’intercéder pour nous – ce ne sont pas eux qui nous exaucent évidemment, mais ils prient pour nous le Christ et son Père –, nous sommes excités dans notre désir de faire partie, un jour, de cette foule des bienheureux qui contemplent dans la béatitude éternelle la face de Dieu.

 

La famille, les prêtres et les sœurs entourant la châsse de Ste Émilie

Le chemin, c’est celui de la foi, de l’espérance et de la charité, cette huile dont nous avons à faire provision pour être tenus pour prêts le jour du retour de l’Époux. Émilie a profondément incarné cette route à travers les difficultés et les épreuves qu’elle a rencontrées, elle a tenu bon dans la prière, le soutien de ses sœurs, la fidélité à l’Église, et l’amour des pauvres, des filles, des personnes âgées ou malades. […]

Émilie fait la fierté de sa famille de sang, elle fait la joie de sa famille spirituelle, elle fait l’honneur de sa terre gaillacoise, elle rayonne aujourd’hui de la sainteté.

Qu’en nous donnant de vivre aujourd’hui concrètement cette communion que l’eucharistie réalise sacramentellement, Émilie nous donne d’entrer plus avant dans le mystère de l’Église, Église pérégrinante sur la terre, Église souffrante au purgatoire, Église triomphante au ciel.
Amen »

Durant la célébration, deux sœurs birmanes ont renouvelé leurs vœux, sœur Monika et sœur Bibiana. 

Vidéo : Les deux sœurs renouvellent leurs vœux

A la fin de la messe, M. Paul Delpit, au nom de la famille, a donné quelques éclairages sur leurs liens avec Sainte Émilie.
Il témoignait par exemple, d’un cousin d’Émilie qui avait écrit que « la charité occupait toutes les pensées de celle-ci. Recevoir était le moindre de ses soucis ».

Admiratif sur son charisme qui l’a amenée en 24 ans, de 1832 jusqu’en 1856, à installer 42 maisons sur les bords de la Méditerranée, en Grèce, en Anatolie, en Palestine, en Birmanie maintenant Myanmar, en Australie, M. Delpit remerciait les sœurs :

« Émilie a fondé une congrégation religieuse construite sur la reconnaissance des pauvres, des malades et des enfants dont vous faites partie et que vous gardez bien vivante ! »