Fête le 17 juin

Elle a treize ans quand sa mère meurt et elle passe deux années à Paris, dans une institution religieuse, l’Abbaye-aux-Bois.
Son éducation une fois terminée, Émilie rentre à Gaillac et accompagne souvent son père dans les visites requises par sa place dans la société à Gaillac et dans les environs.
Jeune et belle, elle prend plaisir à mettre de belles robes et des bijoux ; elle a beaucoup d’amies et d’amis de son âge et reçoit bientôt des demandes en mariage. Dans ce qu’elle a écrit elle-même, Émilie raconte comment, à cette époque de sa vie, elle a réalisé qu’elle avait une autre vocation, mais elle n’était pas encore sûre de ce que cela entraînerait pour elle. Alors que tout l’intéressait, elle ne trouvait rien qui la satisfasse entièrement.

C’est avec elles qu’en 1832 elle inaugure à Gaillac une nouvelle forme de vie religieuse au service de toutes les misères et pour l’instruction des jeunes filles. La spiritualité de la Congrégation des Sœurs de St Joseph de l’Apparition est centrée sur la contemplation de l’amour du Père qui a envoyé son Fils pour que le monde ait la Vie (Jn 3, 11-17).
Ceci est fortement lié au charisme spécial de sainte Émilie, charisme qui peut être résumé en ces quelques mots :
Révéler l’immense amour de Dieu pour l’humanité et collaborer à la Mission pour laquelle Jésus est venu sur terre.
Dans la spiritualité d’Émilie comme chez saint Joseph, la prière et l’action ne sont pas comprises comme deux réalités distinctes et opposées, mais comme deux aspects de sa vie qui ne fait qu’un.

En 1835, Émilie et quelques sœurs arrivent en Algérie pour s’occuper des malades lors d’une épidémie de choléra, et y commencent leur tâche d’évangélisation créant une ambulance militaire à l’appel de l’administration. Cette aventure malheureusement ne durera pas, car l’évêque d’Alger voudrait infléchir la vie religieuse dans un sens qu’Émilie ne peut pas accepter.
Mais cela n’arrêtera pas son élan missionnaire.
On appelle les Sœurs en Tunisie où elle fonde quatorze maisons, puis dans divers pays de la Méditerranée, pour révéler par leur dévouement l’amour infini de Dieu pour l’humanité. En 1848, la maison de Jérusalem est fondée.
Quand Émilie meurt à Marseille, le 24 août 1856, les premières Sœurs arrivent en Australie.
D’autres épreuves l’attendent : l’incompréhension de nombreux Gaillacois allant jusqu’à la calomnie, les malversations de ceux à qui elle avait confié la gestion de ses biens, avec la complicité de l’une de ses sœurs, jusqu’à la réduire à l’indigence, la défection de plusieurs compagnes, tout cela l’oblige à quitter l’Albigeois pour s’établir à Toulouse, puis à Marseille, où elle rendra son âme à Dieu, le 24 août 1856, à la suite de l’étranglement d’une hernie contractée dans sa jeunesse en maniant des sacs de blé pour nourrir les pauvres.
En 1951, l’Église la proclame sainte et son corps, transféré à Gaillac en 1972, est offert à la vénération des chrétiens de la terre qui l’a vue naître. On ne peut célébrer sa mémoire le jour de sa naissance au ciel, fête de l’apôtre saint Barthélemy ; elle a été béatifiée le 18 juin 1939, qui était alors la fête de saint Ephrem ; si l’on a choisi la veille de ce jour, c’est sans doute pour ne pas priver les sœurs, nombreuses au Moyen-Orient, de la célébration du grand Docteur syrien.
