Par Ludivine, nouvelles des JMJ au Panama (16 – 23 janvier) avec arrivée du Pape !

Message du P. Jean-Marc Vigroux (au Chili) :

«  Ici à la Legua nous suivons pas à pas les Chiliens partis à Panama. 600 environ au total dont un groupe de 9  liés à la paroisse, parmi lesquels se trouvent Ludivine et Montserrat . De la zone sud de Santiago il y a aussi deux ou trois autres groupes.

La première  semaine ils sont regroupés dans la ville portuaire de Colon sur la mer des Caraïbes au débouché du célèbre canal de Panama. Climat tropical, métissage de la population, couleurs et saveurs sont au programme. Les Chiliens sont bien dépaysés ! A Colon il y a aussi des Européens qui se débattent avec le castillan. »

Ludivine au Panama: « Nous dormons peu mais notre cœur est rempli de joie de célébrer avec le monde entier ces Journées Mondiales de la Jeunesse.

  • Mercredi 16 janvier 

A 8h nous nous réunissons dans la paroisse pour petit-déjeuner ensemble entre pèlerins de différents pays et continuer de toujours plus partager.

Nous partons ensuite rejoindre toutes les autres paroisses de Colon **  pour aller tous ensemble en procession au « alto de los lagos », lieu où nous sommes allés missionner hier.

Une voiture nous précède avec de la musique et tout le monde danse et chante à l’unisson pour le Seigneur. Fréquemment la musique s’arrête pour mieux entendre les pèlerins crier «  aquí está la juventud del papa ! » , autrement dit « ici est présente la jeunesse du pape ». Les voix unies des pèlerins parcourent les rues et les remplissent de joie et d’animation.

Nous arrivons à  l’entrée de ce lieu qui nous a tant touché le cœur et nous a laissé plein de souvenirs la veille …

Les gens sortent de leurs appartements, les enfants courent pour nous faire des câlins, nous saluer et ainsi rentrer dans la procession jusqu’au lieu où nous vivrons  la messe sur une grande zone d’herbe synthétique entourée  par de nombreuses barres d’immeubles.

Le curé de la paroisse, appelé bien amicalement par ses confrères «  stroumph grognon », nous explique pendant son homélie la réalité de ce nouveau lieu :

« Voilà aujourd’hui le 1er anniversaire de ce lieu. 1 an que les familles qui habitent ici ont retrouvé l’espérance. Tous ces enfants au milieu de vous, ces familles qui nous écoutent de leur balcon habitaient avant dans des quartiers insalubres de Colon. Abandonnés de l’État, rejetés de toutes les institutions, ils avaient perdu l’espérance.

Les jeunes que j’allais visiter me disaient : «  padre  estamos seguro que de la calle no sale nada de bueno «  (« Mon père, nous sommes sûrs que de la rue ne sort rien de bon » )

Aujourd’hui ils ont un appartement, s’organisent entre voisins pour maintenir les espaces communs … et par tout cela ils retrouvent leur dignité et humanité.

Mais une maison ne suffit pas, le plus important c’est d’être entouré par des gens qui vous aiment. Faire les JMJ ici au milieu de cette nouvelle réalité est une joie immense !

Vous les jeunes vous êtes à l’image de Jésus … vous venez visiter avec une joie explosive et sans peur ceux que personne ne vient visiter.

Ici il reste tant de choses à faire, une école pour tous les enfants qui représentent plus de la moitié des habitants. Beaucoup sont déscolarisés ou ne sont jamais allés à l’école.

Vous ne les connaissez pas … ils nous entourent aujourd’hui mais je vous demande une seule chose : de ne plus jamais les oublier et de les garder dans votre cœur et vos prières. »

Après la messe chacun cherche des petits coins d’ombre qui se font rares.

Finalement la caserne des pompiers nous ouvrira ses portes afin que nous puissions manger à l’ombre entre les camions.

L’après- midi est consacré aux découvertes culturelles, chaque pays fait la démonstration des talents de son pays.

A la fin une annonce du curé de la paroisse nous indique qu’une surprise nous attend et que pèlerins comme résidents doivent suivre les guides.

Nous arrivons tous sur une grande place de béton déserte et commençons à suivre les pas d’un professeur de zumba. Sans savoir que dans notre dos un camion de réserve d’eau s’approchait afin de nous surprendre. Jeunes, pèlerins, religieuses, prêtres, familles, enfants … rient et profitent de cette surprise rafraîchissante. Un moment de partage et de joie qui nous permet de jouer avec les nombreux enfants habitant ici.

Leurs yeux brillants et les sourires jusqu’aux oreilles de ces familles resteront une image gravée dans ma mémoire.

  • Jeudi 17 janvier

Aujourd’hui toute notre paroisse part pour une visite de Porto Belo et une après-midi partage et détente à la plage.

  • Vendredi 18 janvier

Ce matin l’impressionnant canal de Panama  nous attend ou alors nous pouvons aller faire un tournoi de football avec les jeunes de «  alto de los ríos ».

L’après-midi est libre car chaque pays doit cuisiner un de ses desserts typiques.

Le soir entre musique et présentation/dégustation des excellents desserts de chaque nationalité, nous pouvons une fois de plus découvrir l’autre et échanger.

Les amitiés sont tissées et une grande fraternité se fait sentir entre nous tous. La bonne humeur règne et la joie d’être unis en Christ nous illumine et remplit notre cœur.

  • Samedi 19 janvier

Journée de tout le diocèse et messe d’au-revoir de la Semaine missionnaire.

  • Dimanche 20 janvier

Ce matin nous nous retrouvons pour la messe  d’au-revoir a la paroisse.

Le reste de la journée est libre afin de passer du temps en famille. Nous partons manger et boire ‘typique’ et nous baigner dans un grand lac artificiel chez des amies du couple qui nous accueillent.

Cela nous permet de célébrer les dernières heures que nous passons ensemble et de nous créer plein de souvenirs inoubliables.

Nous revenons a la paroisse pour fêter la dernière soirée ensemble avec tous les pèlerins volontaires, organisateurs, équipe de cuisine …

Tous ensemble nous dansons des danses typiques et de tous les pays présents. Nous finirons sous la mousse tirée depuis des canons !!

  • Lundi 21 janvier

Départ de la paroisse pour Panama centre afin de vivre les Journées Mondiales de la Jeunesse.

Nous déjeunons avec notre famille d’accueil, nous échangeons des cadeaux et quelques larmichettes coulent. Chacun repart le cœur rempli de souvenirs merveilleux et très reconnaissants de l’accueil Photo 9 bienveillant qui nous a été donné dans cette famille.

Dans un bus nous devons entrer tous les Chiliens avec les énormes valises de certains ou sac à dos. Nous nous collons les uns aux autres et certains se sacrifient pour rester debout tout le trajet. Tous les pèlerins sont fatigués et en profitent pour dormir durant les 2h de trajet qui nous amène à Panana.

La journée est consacrée  á l’installation et aux différentes consignes pour la semaine.

  • Mardi 22 janvier

Tous les pèlerins sont enfin répartis  dans Panama qui bouchonne …  La joie et les chants résonnent dans les rues , les klaxons des voitures accompagnent chacune de nos sorties pour nous souhaiter la bienvenue.

A 10h, messe avec tous les Chiliens résidant au Panama et les Chiliens pèlerins des JMJ,  à la fin de laquelle nous dansons dans l’église Notre-Dame du Carmen  « la cueca » (danse traditionnelle du Chili)

L’après-midi  est libre pour aller découvrir la ville de Panama et à 17h nous nous retrouvons pour célébrer la messe et la fête d’ouverture des JMJ.

Voir tant de jeunes rassemblés dans un même lieu est impressionnant ! Prier tous ensemble et célébrer notre foi en faisant tomber les frontières des différents pays, en priant dans une même unité, ne peut que laisser une marque indélébile dans nos cœurs. Afin que de retour dans nos pays respectifs, nous partagions l’expérience incroyable que nous vivons ici, en rayonnant de l’amour du Christ que nous pouvons sentir ici.

Après la messe, des concerts de chanteurs et groupes chrétiens se succèdent afin de célébrer avec une joie immense notre foi.

  • Mercredi 23  janvier

Un moment émotionnant pour tous les pèlerins : l’arrivée du pape François !

Les chants et les cris se font entendre dans tout Panama …

Après son passage, dans la rue une joie indescriptible nous permet de chanter à pleins poumons notre amour pour Jésus et pour notre Église. »

* * * * * * * *

Un peu d’information sur Panama :

  • Pourquoi l’art Congo au Panama ?

Lors de son quatrième voyage, en 1502, Christophe Colomb pose le pied dans la baie de Portobelo, sur la côte caraïbe du Panama. Très rapidement Portobelo, par sa position géographique, devient un des centres névralgiques du commerce « des Indes ».

En effet, l’or du Pérou et l’argent de Bolivie convergeaient vers Panama City via l’Océan Pacifique, avant d’être difficilement transportés à travers l’isthme jusqu’à Portobelo, d’où les bateaux partaient en direction de l’Espagne.

L’activité explosait notamment durant la foire annuelle de Portobelo, pendant 40 jours, un rendez-vous à ne pas manquer pour les commerçants, mais aussi les pirates et les corsaires. Henry Morgan, le plus fameux des corsaires, a régulièrement fait ses emplettes sur place avant de s’attaquer à Panama City, pour un maigre butin cette fois-ci..

Cette prépondérance dans le marché colonial et l’importance de la piraterie justifient l’implantation dans la baie de Portobelo, des trois forts (San Jeronimo est le plus fameux), censés garder la ville.

Seulement ce commerce n’a pu se développer sans le travail d’esclaves, amérindiens ou africains. Ainsi, les premiers Africains ont débarqué au Panama en 1514 pour travailler dans l’agriculture. Puis, c’est un véritable commerce négrier qui s’est mis en place à partir de 1523 avec des hommes venus généralement du Golfe de Guinée, notamment d’Angola, du Cameroun, de Guinée et du Congo. Il s’agit du fameux commerce triangulaire auquel ont grandement participé les armateurs français.

Malgré les conditions difficiles, l’évangélisation, et l’origine dispersée des esclaves, ces derniers sont parvenus à maintenir leurs traditions et à développer une culture typique, fruits des divers mélanges et du contact avec les populations locales.

Suite à de nombreux soulèvements, des villages autonomes (appelés palenques) et dirigés par des représentants noirs ont vu le jour. En 1607, un traité de pacification a offert quelques libertés supplémentaires qui ont permis à cette nouvelle culture de se développer.

  • Une danse

Cette culture, au delà d’une langue qui mélangeait les dialectes africains avec l’espagnol, le français, l’anglais ou le hollandais, se définit surtout par la danse. Une expression violente et érotique agrémentée de mimiques et de représentations théâtrales rappelant la traite et le commerce des esclaves mais aussi les révoltes.

Dès les premiers palenques, ces afro-caribéens se réunissaient pour danser et  se moquer des colons européens, ainsi que pour se rappeler leurs traditions venues d’Afrique.

De la même manière, ces danses remettaient en cause l’ordre divin promu par les évangélisateurs qui promettaient le diable aux mauvais croyants. Et comme dans beaucoup de cultures, le diable dans la danse Congo représente les colons.

Pour le rythme, il existe trois types de tambours. En revanche, aucune chorégraphie ne s’est imposée. Les mouvements sont propres à chaque homme et femme, résultant de mouvements spontanés et intuitifs. Les couples tachent seulement de bouger de manière synchronisée.

Habituellement, les femmes se déhanchent tranquillement et invitent leur prétendant en remuant le double de leur jupe. L’homme s’approche alors pour entamer une danse en commun mais il n’est pas rare que cette invitation soit un leurre et que la femme s’échappe finalement dans une autre direction.

Les femmes revêtent la pollera, un habit traditionnel panaméen, et les vêtements s’avèrent généralement très colorés, pour représenter la beauté de la nature.