Pour un « Carême vert »…

Le temps de Carême approche et l’incertitude de la situation sanitaire rend difficiles les projets. Pourtant l’Espérance toujours se fraye un chemin, même s’il est inhabituel.

« La COVID est notre moment de Noé. Ne le gâchons pas » nous dit le Pape François*. Ce temps où, alors que tout n’est que déluge, Noé écoute avec confiance le Seigneur, et embarque l’essentiel dans l’Arche de vie, en alliance avec Lui. La Terre ajoute désormais ses clameurs à celles des plus pauvres touchant la part de Dieu en chacun de nous pour que nous prenions soin, pour aller à la rencontre de notre Créateur à travers sa Création et ses Créatures..

Faisons de ce Carême 2021, un « Carême vert », un Carême pour « se mettre au vert », temps de dépouillement pour toucher l’essentiel, en prenant les chemins de conversion que dessine l’encyclique Laudato Si’.

Le temps de Carême est un temps de préparation au renouveau de la vie qui ressurgit à son issue. Celui de 2021 aura une intensité particulière. La pandémie actuelle nous montre combien nous devons prendre soin de l’autre, des autres , à commencer par les plus fragiles, dont la Terre fait désormais partie. Ce « prendre soin » commence par la rencontre, l’intérêt, le partage de connaissances, l’émerveillement devant les dons de Dieu.

A travers différentes propositions recueillies par la Commission diocésaine Laudato Si’, les équipes des paroisses, des mouvements et services d’Église auront à leur disposition des démarches d’engagements spirituels et pratiques d’écologie intégrale, pour vivre dans la Joie ce temps qui nous prépare à la résurrection du Christ, à la Vie plus forte que la mort.

Ces propositions ne sont pas à consommer mais à accueillir dans la prière, en EAP, en Mouvements et Services d’Église.

 

Seigneur, où nous attends-tu ?

Où Dieu nous a-t-il donné rendez-vous pendant ce Carême Vert, ce Carême de « mise au vert » dans notre vie chamboulée par la crise sanitaire ?

  • Dans les 5 rencontres du « Carême à domicile » du Diocèse de Metz, à vivre en petits groupes, pour approfondir l’encyclique Laudato Si’ et interroger nos pratiques individuelles et collectives ?
  • Dans le livret liturgique et les activités du CCFD-Terre solidaire « Nous habitons tous la même maison », à vivre en paroisse ou dans les mouvements et services d’église ?
  • Dans la démarche du label « Église verte », progression spirituelle pour mettre en pratique une conversion à l’écologie intégrale dans nos paroisses ?
  • Dans le parcours des vertus proposé par le diocèse de Toulouse, temps d’approfondissement et de méditation priante, pour élargir notre cœur à la Création ?
  • Dans une balade tarnaise, où en mettant nos pas dans les pas de Jésus, nous arriverons chez un paysan qui nous partagera son « prendre soin » de la Création, acte de foi vivante ?
  • Ou bien dans la lecture d’ouvrages sur la théologie de la Création, ou le visionnage de documentaires sur des lieux de vie inspirés par Laudato Si’ ?

Ralentissement de notre consommation de temps et d’argent, temps de jeûne pour faire de la place à l’amour, le Carême 2021 est à préparer avec soin, en conscience et dans le partage, pour répondre à l’appel du Seigneur à travers sa Création !

Redécouverte de notre relation à la création en communion avec tous les confinés qui ont eu la grâce de s’émerveiller du réveil de la nature le printemps dernier, de tous ceux qui ont redécouvert leurs relations à la Création par les actes du quotidien : consommations (nourriture, vêtements…), transports, chauffage. Que ce temps de désert soit un pas de plus dans le pèlerinage dont parle le Pape François (LS92) :

« Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. » (LS 84)

« Nous ne pouvons pas considérer que nous aimons beaucoup si nous excluons de nos intérêts une partie de la réalité : « Paix, justice et sauvegarde de la création sont trois thèmes absolument liés, qui ne pourront pas être mis à part pour être traités séparément sous peine de tomber de nouveau dans le réductionnisme ». Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs dans un merveilleux pèlerinage, entrelacés par l’amour que Dieu porte à chacune de ses créatures et qui nous unit aussi, avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre. » (LS 92)

 

Aimer le Carême

En carême, les chrétiens sont appelés à se convertir , c’est-à-dire à se laisser transformer. Vaste programme ! Se laisser pétrir et façonner par Dieu est exigeant certes mais nécessaire :

« La foi implique une profonde transformation existentielle opérée par l’Esprit, une metànoia qui se manifeste à tous les niveaux de l’existence du chrétien : dans sa vie intérieure d’adoration et d’accueil de la volonté de Dieu ; dans sa participation à la mission de l’Église ; dans sa vie conjugale et familiale ; dans la vie professionnelle ; dans les activités économiques et sociales ». » (Directoire pour la catéchèse n°20).

Savons-nous que l’Église « existe pour évangéliser » (Paul IV, Evangelii Nuntiandi n°14) ? Or l’Église, ce sont tous les baptisés, en commençant par nous ! Nous ne pouvons
être témoins que si nous sommes cohérents entre nos paroles et nos actes. Nous ne sommes cohérents que si nous aimons. Et nous aimons que si nous nous laissons  transformer par le Père, le Fils et l’Esprit Saint.

Alors, encourageons-nous, en ce carême, pour le vivre dans la joie et l’espérance ! Laissons-nous modeler, nous qui avons été créés à l’image et ressemblance de Dieu !
Aimons le carême pour ce qu’il nous donne d’approfondir en nos cœurs. Et donnons à aimer le carême autour de nous.

 

* Un temps pour changer : viens, parlons, osons rêver… Conversations du Pape François avec Austen Ivereigh