Liturgie de la Parole pour la création des nouvelles paroisses

Frères et sœurs,

En célébrant la fête de la Pentecôte, jour où l’Esprit Saint a été donné d’une manière nouvelle aux Apôtres et aussi à beaucoup de témoins de cet événement qui se firent baptiser à la suite de la prédication des Apôtres et reçurent le don du Saint Esprit, nous assistons à la naissance de l’Église.

De même que l’Esprit planait sur les eaux lors de la création et que le même Esprit vint sur Marie au jour de l’Annonciation, l’Esprit Saint en ce jour remplit le cœur des Apôtres. Ils sont embrasés par son feu et envahis par ce souffle de Dieu, ils deviennent alors capables d’annoncer avec force et sagesse la Bonne Nouvelle du Christ Ressuscité. Au soir de la Résurrection, comme nous venons de l’entendre à travers la proclamation de quelques versets de l’Évangile selon saint Jean, le Christ Ressuscité apporte aux Apôtres la paix. Toujours, le Seigneur établit les siens dans sa paix. La paix est le don divin par excellence. En second lieu, il les envoie comme le Père l’a envoyé. Jésus est le premier envoyé, il est le premier Apôtre, il est l’Apôtre du Père. À son tour, il envoie ses disciples qui, jusqu’à aujourd’hui, sont chargés de faire connaître à tous les humains son Évangile, son enseignement, ainsi que sa présence mystérieuse et réelle à l’œuvre dans ce monde à qui il offre le salut. Finalement, en troisième lieu, pour que les Apôtres puissent réaliser cette mission magnifique d’être les envoyés du Sauveur, Jésus souffle sur eux et leur propose d’accueillir l’Esprit Saint, le souffle divin présent au premier jour de la création de l’humanité. Tout homme racheté par le Christ peut la recevoir pour devenir enfant de Dieu selon le projet éternel du Père et ainsi appartenir au Peuple de Dieu, l’Église, à la fois Corps du Christ et Épouse du Christ.

Frères et sœurs,

En créant en ce jour de Pentecôte les nouvelles paroisses du diocèse, nous prenons conscience que la vocation première de l’Église est de vivre en état permanent de Pentecôte ! Chaque baptisé et chaque communauté bénéficiant du don de l’Esprit doit révéler l’image de Dieu, image que nous sommes devenus à nouveau dans toute sa pureté, depuis notre baptême et notre confirmation. Nous avons à manifester cette réalité du salut à nos contemporains comme à toutes les époques de l’histoire vingt fois séculaire de notre Église. Personnellement et communautairement, l’Esprit Saint fait de chacun et de chacune une icône vivante, annonçant par sa manière de vivre et ses paroles, le Royaume de Dieu inauguré par notre Sauveur Jésus le Christ. Restauré, recréé et sans cesse renouvelé par la puissance de l’Esprit, au baptême et à la confirmation mais aussi par l’ensemble de la vie sacramentelle, souvenons-nous que notre tâche, la tâche première de l’Église est la mission. Je ne peux m’empêcher de reprendre quelques propos du Pape François dans son exhortation Apostolique La Joie de l’Évangile, il s’exprime ainsi : « Nous ne pouvons plus rester impassible dans une attente passive à l’intérieur de nos Églises. Il est nécessaire de passer d’une pastorale de simple conservation à une pastorale vraiment missionnaire. Cette tâche continue d’être la source des plus grandes joies pour l’Église. Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repend que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentir » (Exhort. Apos. « La joie de l’Évangile, n° 14).

Déjà, dans la constitution Lumen Gentium (LG), sur l’Église, le Concile Vatican II enseignait que les baptisés : « Par la régénération et l’onction du Saint-Esprit sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint pour offrir, par toutes les activités du chrétien, autant de sacrifices spirituels et proclamer les merveilles de celui qui des ténèbres les a appelés à son admirable lumière ». Et un peu plus loin : « Les fidèles incorporés à l’Église par le baptême ont reçu un caractère qui les délègue pour le culte religieux chrétien. Devenus Fils de Dieu par une régénération, ils sont tenus de professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçu de Dieu » (LG n° 10 et 11).

Il est donc clair, que la mission est l’œuvre de tous les baptisés, et pas seulement des clercs, des prêtres, des diacres et des consacrés. Je souhaite, frères et sœurs, vraiment je souhaite ardemment, que la création de nos nouvelles paroisses favorise le renouveau missionnaire de chacune des paroisses et donne un élan durable à la nouvelle évangélisation, en particulier de la nouvelle évangélisation de nos jeunes qui sont si nombreux aujourd’hui à ignorer tout de l’Évangile et du Christ. Chaque baptisé, soucieux d’être un disciple-missionnaire, selon la très belle expression du Pape François, docile à l’Esprit Saint et avec ses dons propres, participe à la construction du Corps du Christ visible aujourd’hui : l’Église.

En ce jour, supplions l’Esprit Saint qu’il fasse de chacun d’entre nous, de chaque baptisé du diocèse, une cellule vivante, dynamique et audacieuse de ce Corps. Que l’Esprit de Pentecôte anime chacun et le corps entier.

Prions ensemble, avec ferveur, pour obtenir du ciel, courage, zèle, force, imagination et sagesse, afin de servir ce monde dans lequel nous vivons en partageant la vérité qui nous a été révélée sans aucun mérite de notre part et en étant les serviteurs de tous nos frères humains avec une vraie charité, en étant spécialement attentif aux plus pauvres, aux plus petits, aux plus fragiles de notre société.

Que chaque clocher de ce diocèse, Frères et sœurs, que chaque clocher de nos nouvelles paroisses, demeure un foyer vivant où des chrétiens animés par le Saint Esprit prient régulièrement, annoncent le Christ, spécialement aux enfants et aux jeunes, et sache servir le Christ dans ses pauvres et ses malades ! Qu’une véritable communion croisse entre les fidèles et les ministres ordonnés, prêtres et diacres, pour l’unique service de la mission !

Que Sainte Marie, Reine des Apôtres, Mère de l’Eglise, nous accompagne sur les chemins des conversions que nous avons tous à opérer et qu’elle nous aide à demeurer dans la louange et l’action de grâce pour ces merveilles que le Seigneur nous invite à partager avec toute personne de bonne volonté !

Amen !

† Jean Legrez, o.p.
Archevêque d’Albi

Textes de la liturgie

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul, apôtres aux Corinthiens

(1Co 12, 4-20 ; 25-27)

Frères,

Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit.
Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous.

À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter.

Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier.

Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.

Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres. Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait cependant partie du corps. L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps. Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?

Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu. S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ? En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps. Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.

Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.

Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

 

Lecture d’une homélie d’Ambroise de Milan

Le Seigneur Jésus invite l’Eglise :

Tu es belle mon amie, tu es toute belle, rien ne te manque. Place-moi comme un signe sur ton cœur, pour que ta foi resplendisse dans la plénitude du sacrement.

Que tes œuvres brillent aussi qu’elles fassent voir l’image de Dieu, à l’image de qui tu as été faite.

Que ton amour ne soit diminué par aucune persécution, lui que les grandes eaux ne peuvent chasser, que les fleuves ne peuvent engloutir.

Ainsi donc, toi qui es baptisé, rappelle-toi que tu as reçu le sceau spirituel,
l’Esprit de sagesse et d’intelligence,
l’Esprit de conseil et de force,
l’Esprit de connaissance et de piété,
l’Esprit de la sainte crainte,
et garde ce que tu as reçu.

Dieu le Père t’a marqué de son sceau, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis l’Esprit dans ton cœur comme gage ainsi que tu l’as appris par la lecture de l’Apôtre. Ainsi lavé et orné d’une riche parure, le peuple s’avance vers les autels du Christ en disant :

Que les Peuples, Dieu, te rendent grâce ;
qu’ils te rendent grâce tous ensemble