Décès du Père Claude Cugnasse
Monseigneur Jean-Louis BALSA, archevêque d’Albi,
les prêtres, les diacres et les communautés chrétiennes du diocèse d’Albi,
ainsi que sa famille et ses proches,
font part du décès le mardi 30 juin 2026 à Cambounès à l’âge de 93 ans de
L’Abbé Claude CUGNASSE
Ils vous invitent à partager leur foi en la Résurrection,
et leur espérance en la Vie éternelle,
en participant ou en vous unissant à la messe qui sera célébrée
le vendredi 3 juillet à 15 h
en l’église Saint-Thyrs à Labruguière
suivie de l’inhumation au cimetière de Saint-Pierre-des-Plots (hameau de Labrespy)
Une veillée de prière aura lieu jeudi à 18h30 à l’église Saint-Thyrs de Labruguière

Biographie
Claude Cugnasse est né le 1er août 1932, sur la commune de Mazamet. Il grandit dans une famille chrétienne, avec trois frères, dans un environnement marqué par la prière, la piété familiale et le souci des autres. Il raconte notamment qu’à Noël 1944, alors qu’un de ses frères était prisonnier en Allemagne, sa mère lui demanda d’apporter des provisions aux prisonniers allemands de la ferme voisine, un geste qui l’a profondément marqué.
Son appel à devenir prêtre s’est construit progressivement. Son frère aîné, le père Gilbert Cugnasse, a été un exemple important, mais Claude Cugnasse n’est pas entré au séminaire directement après le baccalauréat. Il est parti à Toulouse, où il a travaillé comme répétiteur tout en poursuivant des études d’histoire qui l’ont passionné. Il s’intéressait aussi beaucoup à la politique. Une rencontre avec le père Gaubert, jésuite aumônier d’étudiants, l’a poussé à réfléchir plus fortement à la vocation sacerdotale. Après un accompagnement spirituel, il décide finalement d’entrer au séminaire.
Il effectue sa formation à Paris, d’abord au séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux, puis au séminaire des Carmes, lié à l’Institut catholique de Paris. Il y découvre une communauté internationale et des débats théologiques très vivants, dans le contexte des années précédant le concile Vatican II. Il effectue aussi 33 mois de service militaire pendant la période de la guerre d’Algérie, sans être envoyé en Algérie en raison de la maladie puis du décès de son père. Sa formation est aussi marquée par des problèmes de santé importants, liés notamment à un rythme de travail trop intense.
Claude Cugnasse est ordonné prêtre à Albi le 7 avril 1962 par Mgr Claude Dupuy. Sa première mission est dans l’enseignement, à Valence d’Albi, puis il rejoint le petit séminaire à Saint-Sulpice, avant de partir vers le Christ-Roi à Toulouse. En parallèle, on lui confie une mission pastorale autour des vocations, notamment auprès de jeunes qui n’étaient pas au petit séminaire.
En 1974, il est appelé à Paris au Service national des vocations. Jusqu’en 1980, il parcourt la France pour animer des rencontres, des sessions et accompagner des prêtres dans une période difficile pour l’Église, après 1968, marquée par de nombreux départs du ministère. C’est dans ce contexte qu’il recueille des témoignages de jeunes candidats au sacerdoce et écrit le livre « Des fous de Dieu aujourd’hui ».
Après son retour dans le diocèse d’Albi, il reçoit la mission de rencontrer des “grands jeunes” de 18 à 30 ans, dans différents lieux du département. Il propose alors des groupes autour de la Bible ou de questions choisies par les jeunes eux-mêmes. Au fil des années, il anime une dizaine de groupes de 10 à 15 jeunes, dans plusieurs secteurs du Tarn.
Il devient ensuite curé de sa paroisse d’origine, à Mazamet, pendant environ douze ans. Sa mission est notamment de contribuer au rapprochement et à l’unité des paroisses du secteur. Il exerce ce ministère dans un contexte social difficile, marqué par la crise puis la disparition progressive de l’industrie du délainage, qui avait profondément structuré la ville. Il dit avoir essayé d’appeler à l’espérance dans une période vécue localement comme une forme de “fin du monde”.
En 1998, le père Claude Cugnasse devient vicaire général, d’abord à mi-temps avec le père Michel Mouïsse, sous l’autorité de Mgr Roger Meindre. Après le départ de celui-ci, Mgr Pierre-Marie Carré lui renouvelle cette mission, cette fois comme seul vicaire général. Dans cette responsabilité, il travaille notamment au développement des groupes bibliques dans le diocèse et à l’accompagnement des laïcs chargés de mission. Il évoque environ 600 groupes bibliques la première année autour de l’Évangile selon saint Marc, ainsi qu’environ 80 laïcs chargés de mission dans les paroisses.
Ensuite tout en demeurant vicaire général, il est chargé du secteur paroissial de Lavaur, envoyé pour contribuer à unir et dynamiser la paroisse. Il y rencontre des laïcs très engagés, notamment dans la catéchèse, et travaille avec une équipe de prêtres. Au bout de quatre ans, il choisit de laisser la place à des plus jeunes, même si ce départ représente pour lui un sacrifice. Il devient alors prêtre auxiliaire à Labruguière.
Sa vie spirituelle est fortement marquée par l’Eucharistie. Il dit être “heureux d’abord à la messe” et explique que, depuis son adolescence, l’Eucharistie est pour lui un lieu essentiel de rencontre avec le Christ. Cet attachement l’a aussi conduit à rejoindre l’association des prêtres Jésus Caritas, dans l’esprit du père Charles de Foucauld.
Le père Claude Cugnasse s’est aussi beaucoup engagé dans l’œcuménisme. Cette sensibilité vient notamment de sa formation au séminaire des Carmes et de son contact avec le père Louis Bouyer, ancien pasteur protestant. Plus tard, comme curé de Mazamet, il prend la suite du père Pierre Vieux dans la responsabilité diocésaine de l’œcuménisme. Avec le pasteur Hill, il cherche à développer des liens locaux entre catholiques et protestants, en créant des antennes locales et des réseaux d’amitié. Il souligne que ces relations ont contribué à dépasser les anciennes tensions entre communautés chrétiennes dans le Tarn.
Enfin, il garde un goût fort pour l’histoire, l’écriture et la transmission. Après avoir mis longtemps ses recherches de côté pour se consacrer au ministère, il reprend des travaux sur l’histoire du diocèse et du Tarn. Il participe notamment à des recherches pour un livre sur l’histoire du diocèse et des paroisses d’Albi. Pour lui, ce qu’il a reçu de Dieu, de sa famille, de ses professeurs et des personnes rencontrées dans l’Église doit être transmis, afin de faire découvrir que la foi chrétienne est une bonne nouvelle et une chance pour la vie.
À partir de 1987, il a été directeur de la publication « Église d’Albi », bulletin bimensuel de l’Église catholique dans le Tarn.
Jusqu’à ces derniers jours, il a continué à transmettre en tant que chroniqueur dans Le Tarn libre et à la radio RCF Pays Tarnais.
Sources : Entretien (2012) avec le Père Claude Cugnasse ; RCF Pays Tarnais au micro de Isabelle Galkine
Ce que tu m’as entendu dire en présence de nombreux témoins,
confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l’enseigner aux autres, à leur tour.
2 Timothée, 2,2
Mot de l’abbé Claude pour ses 50 ans de sacerdoce (2012)
« 50 ans de sacerdoce !
Je fête cette année mes 80 ans (je suis né à Mazamet le 1er août 1932) et aussi mes 50 ans de sacerdoce. Permettez-moi de parler de ma vie de prêtre.
J’ai été ordonné le 7 avril 1962 à la cathédrale d’Albi par Mgr Claude Dupuy. Depuis lors, Jésus a-t-il été toujours « content » de moi ? Hélas non, mais j’ai été souvent heureux de mon ministère. Heureux d’abord à la messe quand je tiens ce qui n’est encore qu’un bout de pain. Je dis alors : « ceci est mon corps ». C’est Jésus et moi qui parle, moi pris par Jésus, associé à Jésus… Parfois c’est plus qu’une émotion, un éblouissement. J’ajoute ensuite : « Mon sang versé pour vous »; le sang de Jésus, mais aussi mes 50 années usées, dépensées pour la « multitude » de ceux qui ont été sur ma route. Malgré ma santé fragile, j’ai eu jusqu’ici la possibilité de travailler, de travailler beaucoup disent certains. Je ne me risquerai pas à évaluer la fécondité de ma vie. De temps à autre des couples mariés voici 25 ou 40 ans me contactent, ou plus récemment : « vous nous avez mariés en 2000, pouvez-vous baptiser notre premier ? » Des jeunes garçons et filles ont été sur ma route et sont maintenant, me semblent-ils bien vivants de l’Évangile. Dieu seul peut dire si vraiment j’ai été pour eux, pour elles, un relais vers Jésus.
On m’a appelé à Paris, au Service National des Vocations dans les années 1975-1980. C’était la période où de nombreux « frères prêtres » ont quitté le ministère. J’ai alors écrit un petit livre « Des fous de Dieu » ; J’y racontais comment, à contrecourant, dans le contexte de grande crise, des jeunes risquaient leur vie pour servir l’Église à « plein corps et plein cœur ». Un journaliste m’a lancé un jour : «Vous avez de la chance. Tout le monde parle de ce qui « fout le camp » dans l’Église, avec ces jeunes vous voyez ce qui pousse » !
J’ai vécu alors ce qui oriente toute ma vie à Paris, à Mazamet, à Lavaur, à Labruguière ou bien à Albi comme vicaire général ou au service de l’œcuménisme : aider des baptisés à développer la richesse de leur baptême ! C’est cela la vocation ! Les théologiens résument la mission des prêtres en précisant que « le sacerdoce ministériel – celui des prêtres- est au service de celui des baptisés ». Voilà ce qui donne du « goût » à ma vie par exemple, ces derniers jours avec une fillette handicapée et sa maman ou bien avec un homme qui a exercé d’importantes responsabilités. Je suis heureux de cultiver quelques-unes des fleurs que Jésus a semées. »
Abbé Claude CUGNASSE
Témoignage de Mgr Jean-Louis Balsa
Homélie Sépulture Père Claude Cugnasse
Orphelins et héritiés de Claude – Texte André Fabre
Pour mieux découvrir ou redécouvrir la vie du P. Claude Cugnasse, RCF Pays Tarnais lui consacre deux émissions-hommage.
Un temps pour revenir sur son parcours, son ministère et l’empreinte qu’il a laissé auprès de ceux qui l’ont connu.
À écouter en deux parties :