Témoin du Christ à Taïwan, le P. Jacques est tarnais

Il vit à Taïwan dans un univers culturel riche et varié où dominent des traditions chinoises et aborigènes anciennes.

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Il partage :
« L’Église, dans ce monde-là, compte pour peu mais elle a déjà inscrit dans l’histoire de la Chine une trace très visible après l’arrivée du jésuite Matteo Ricci à Pékin. Le petit nombre n’est pas rien. Un individu peut entrer en alliance avec un autre, c’est vrai pour une famille, dans des relations d’amitié et c’est vrai aussi entre les nations.
Les “familles des nations”, un terme plus chaleureux que “l’humanité”, sont bien le destinataire de la Bonne Nouvelle transmise par chaque chrétien qui l’a reçue.
Je viens d’employer le terme d’’alliance”. Terme biblique, terme juridique, mais aussi un terme qui évoque un processus, une connaissance, en amont, une approche et dans l’avenir une transformation, un enrichissement réciproques.
Les paraboles du Royaume parlent le langage de la croissance : la graine de moutarde qui devient un arbre où s’abritent les oiseaux, les mesures de farine que le levain fait lever, la graine tombée en terre qui produit cent fois plus.

“Faites des disciples”, cette injonction du Christ ressuscité nous lance sur des routes, autant dire dans l’inconnu. Comme Abraham jadis, il faut seller son âne et partir.
Mais ici encore nous entrons dans un processus qui fait apparaître combien les porteurs de l’Évangile sont nécessaires et pourtant la croissance de la semence ne dépend que de Dieu seul.
Comme le dit Saint Paul :”Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître.” (1Co 3,6).
La sagesse paysanne chinoise a laissé une histoire et un proverbe qui ironise sur l’enthousiasme destructeur. On n’aide pas la croissance d’une plante en tirant sur les jeunes pousses.

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Aujourd’hui la situation de l’Église dans le monde chinois est prometteuse et, en même temps, pour l’Église Universelle un souci nourri par les contraintes et les défis que cette Église doit affronter dans des situations très variées.

Ici à Taiwan, nous devons vivre cette situation dans la tension entre un enracinement qui demande beaucoup de temps pour comprendre la culture du destinataire et l’urgence de proclamer l’Évangile de l’espoir et de la liberté à des hommes et à des femmes qui soupçonnent si peu comment ce ferment peut transformer leur vie.

Faire des disciples de toutes les nations, cela commence par faire des amis, par un regard étonné, bienveillant sur les destinataires possibles de cette alliance nouvelle qui fera de nous des disciples dans la même Église. »

De Taipei, le 7 octobre 2012