Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2018. Célébrations des doyennés de Castres et Albi

Le 14 janvier 2018, à Albi en l’église St-Jean-Baptiste de Rayssac et à Labruguière en l’église St-Thyrs, tous ont désiré célébrer la 105ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié dans la fraternité et l’espérance. Ce temps, vécu en communion avec d’autres célébrations à Réalmont et à Salvagnac ainsi qu’au Vatican  et dans de nombreux diocèses du monde, fut recueilli et participatif.

Près de 500 personnes du doyenné de Castres étaient présentes à Labruguière *.
Différentes communautés ont participé aux processions et à la prière universelle dans leurs langues respectives (italien, irakien, monhg, portugais, espagnol) tandis que sur le grand écran étaient projetés les traductions en français et tous les chants. De nombreuses photos de la situation des migrants furent aussi visionnées ainsi qu’une vidéo sur l’approche et l’accueil par le regard.
Après le pot d’amitié en fin de célébration pour tous les paroissiens, plusieurs se sont retrouvés dans la salle paroissiale pour un repas partagé tiré du sac.

L’assemblée albigeoise était elle aussi d’origines multiples : Congo, Syrie, France, Cameroun, Sénégal, Venezuela, Irak, Cap Vert, Irlande, Sri Lanka…
Cette messe fut accompagnée par des textes, des langues et des rythmes peu habituels : le chant des migrants proposé par M. Jean Viguié (de la pastorale albigeoise des migrants), le chant à Marie en congolais accompagné du tam-tam… On a pu entendre du syriaque, du tamoul, de l’arabe, du lingala !
Les enfants et les adolescents présents firent preuve de beaucoup de sagesse durant la messe, et c’est avec un grand respect qu’ils apportèrent les offrandes au célébrant.

Le P. Gabriel, vénézuelien, a fait part de sa propre expérience de migrant, soulignant que nous sommes réunis en frères et sœurs grâce à la Bonne Nouvelle.

« Maître, où demeures-tu ? -Venez et vous verrez », répond Jésus aux disciples de Jean-Baptiste (cf Jn 1, 35-42). Le début du christianisme n’est pas né d’une science mais de la rencontre avec Jésus. Cette rencontre nous permet de dépasser nos limites et nos peurs.

Le génie du christianisme, poursuivait le P. Gabriel, c’est qu’il s’adapte à toutes les cultures : au delà de tout, il y a l’Amour donné par le Christ ! Aussi l’Église tient-elle beaucoup au rapprochement entre les hommes; sans créer de déséquilibre dans les cultures locales, la priorité est donc d’accueillir les frères qui sont dans le besoin.

Jocelyne et Rose-Line [Photos: Pastorale des Migrants 81 et Mission universelle 81]

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* Homélie du P. Jean Cros à Labruguière

« Pour un nouveau regard, je voudrais reprendre avec vous les 4 grands mots que nous donne notre Pape François en cette Journée Mondiale, avec leur fondement biblique et leur urgente actualité, pour les apprendre par cœur et surtout les vivre avec cœur, pour un certain regard… .

  • ACCUEILLIR.

1er appel au peuple de l’Ancien Testament : ‘Je suis le Seigneur votre Dieu. L’immigré qui réside chez vous sera parmi vous comme un compatriote et tu l’aimeras comme toi-même car vous avez été des immigrés au pays d’Egypte.’
Aujourd’hui en 1ère lecture (1 S 3, 3b-10.19), 11 fois le verbe ‘appeler’ et le jeune Samuel répond 3 fois : ‘Ton serviteur écoute’.

Et nous, frères et sœurs chrétiens ? Depuis des années avec force et courage, notre Pape multiplie ses appels en parole et en acte pour ouvrir nos portes, accueillir malgré les contraintes légales, les exigences pratiques, les lourdeurs financières. Mgr Georges Pontier, notre compatriote, a lancé un cri d’alarme ce mercredi au nom de la Conférence épiscopale,  appelant les Français à plus de générosité :
‘Accueillir est l’attitude première qui permet de transformer un évènement qu’on ne maîtrise pas en évènement qu’on accompagne : non en s’opposant mais en fraternisant’.

Avec notre frère diacre Christian et Jocelyne, c’est la mission de la Pastorale diocésaine des Migrants d’ouvrir nos communautés à cet accueil fraternel, en commençant par changer notre regard ; ce sera notre appel final. En tout cas c’est la 1ère clé pour ouvrir notre intelligence et notre cœur au bonheur de la rencontre .

  • PROTEGER.

C’est encore la consigne du Seigneur à son peuple :‘Tu n’opprimeras pas l’émigré car vous avez été émigrés en terre d’Egypte’.

Après l’Exode, le psaume du jour (Ps. 39) : ‘Dans le livre est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté’. Nous l’avons chanté, mais qu’avons-nous fait ? Les pistes meurtrières du Niger, les marchandages humains de Lybie, les naufragés innombrables de passeurs véreux, c’est un regard lointain et ce sont des images, mais ici et maintenant ce sont des visages. Alors, faut-il protéger ou se protéger ? Un chroniqueur de La Croix écrit :’Certains gestes, certains actes publics poinçonnent l’âme au fer rouge. Les cicatrices en seront visibles longtemps, et elles le sont déjà pour l’éternité’.
Et ce journal nous livre aujourd’hui-même un dossier de 5 pages : ‘Migrants, pourquoi le Pape dérange’. Alors nous présenterons au Seigneur l’arc-en-ciel de la paix, ce pont du ciel par delà les barbelés de nos frontières humaines dans le respect de nos différences et la richesse de nos diversités.

  • PROMOUVOIR.

C’est la grande promotion évangélique, parole du Seigneur : ‘J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous avez fait au moindre de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait’.

C’est déjà notre profession de foi. Et en entendant l’appel des deux premiers disciples de Jésus, le vieux refrain chanté par les frères Pradelles me revient à l’esprit : ‘Ils sont partis sur un regard, ils ont suivi un inconnu, il fallait bien être un peu fou !

Un grand quotidien français offrait ces jours-ci un long dossier sur ‘Ces chrétiens qui mettent leur foi au service des migrants’. Chez nous il suffit d’évoquer nos services de Solidarité pour s’en convaincre : SOS Caritas, CCFD, Conférence Saint-Vincent, Acat, Cimade, Emmaüs et combien d’autres -avec ou sans étiquettes- dans ce Tarn-Sud ; comme à Albi et Réalmont ils rendent grâce avec nous.
Nous les mettons tous dans le même panier d’offrande, ‘fruits de la terre et du travail des hommes‘.

  • INTEGRER.

C’est la lettre de Saint Paul aujourd’hui (1 Co 6, 13-20) : ‘Vos corps sont les membres du Christ. Votre corps est le sanctuaire de l’Esprit-Saint’.

Quand l’esprit du mal nous divise ou nous désintègre, seul le Corps du Christ peut faire notre communion dans l’espérance. C’est le pain et le vin de notre Eucharistie que nous présentons et offrons ‘pour la multitude et la vie du monde‘.
L’Apôtre ajoute : ‘Vous n’êtes plus des étrangers ni des émigrés, vous êtes concitoyens des saints‘.

Alors en communion avec le Pape François, voici la conclusion de son message :’Sainte Marie, la Mère de Dieu, a fait elle aussi l’expérience de la dureté de l’exil ; elle a suivi avec amour l’itinéraire de son Fils jusqu’au Calvaire et maintenant elle partage éternellement sa gloire. Confions à sa maternelle intercession les espérances de tous les migrants et réfugiés du monde et les aspirations des communautés qui les accueillent, afin que, selon le plus grand commandement de Dieu, nous apprenions tous à aimer l’autre, l’étranger, comme nous-mêmes’.

Sous son regard, allons bien jusqu’au bout ! « 

Jeunes femmes ivoiriennes

Chant des migrants proposé par M. Jean Viguié de la pastorale albigeoise des migrants

On a pu entendre du syriaque, du tamoul, de l’arabe, du lingala !

Le P. Gabriel, vénézuelien, a fait part de sa propre expérience de migrant

Le P. Jean Cros est aux côtés du curé, le P. Michel Jeannin, et du diacre Christian Mégret

‘fruits de la terre et du travail des hommes’…

Sous son regard, allons bien jusqu’au bout !

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