Journée mondiale des migrants et réfugiés

Le 14 janvier 2018, l’Eglise universelle célèbre la 104ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié. Le pape François a choisi quatre verbes pour guider notre réflexion et nos actions :

Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés

À travers cette journée, le Saint-Père nous invite à nous unir avec nos frères et sœurs venus d’ailleurs, et à prier particulièrement pour faire évoluer nos ressentis, nos propres aversions, nos propres retranchements. Cette journée nous aide aussi à faire l’expérience de la catholicité de l’Église, composée de membres de tous les peuples et de toutes les langues, unis autour du Christ qui nous appelle comme les premiers apôtres aujourd’hui.

Dans les paroisses, diverses initiatives seront proposées.

  • Pour le doyenné de Castres : église de Labruguière à 10 h 30. Messe suivie d’un apéritif et d’un repas partagé
  • Pour le doyenné d’Albi: église Saint Jean-Baptiste de Rayssac à Albi. Messe à 11 h avec la participation de la Pastorale des Migrants de l’Albigeois, suivie du verre de l’amitié.
  • Pour le doyenné de Réalmont : église Notre-Dame à Réalmont. Messe à 10 h 30 suivie d’un repas partagé au centre paroissial (2 Avenue Flandres Dunkerque), où chacun apportera quelques spécialités de son pays, sa région.
  • Pour le secteur de Rabastens – Saint Sulpice – Beauvais, messes des peuples à 10h30, église de Salvagnac,
    12h00 repas…  Voir l’Affiche

Message de Mgr Georges Collomb

La diversité des témoignages montre que l’accueil est seulement le premier pas dans un processus plus large. Il s’agit «d’accueillir » mais aussi de «protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés », comme le rappelle le message du Pape pour la prochaine Journée mondiale du migrant et du réfugié, le 14 janvier 2018. En beaucoup d’endroits, les initiatives mises en place ont permis aux migrants d’avoir un toit et de se sentir enfin en sécurité. Les propos d’un père de famille syrien accueilli via les couloirs humanitaires l’attestent : « C’est la première fois depuis sept ans que nous pouvons dormir sans peur. »

La mobilisation pour un hébergement et des conditions de vie dignes s’est accompagnée de l’organisation de cours de français, de la scolarisation des enfants, de liens établis avec les clubs de sport, de soirées conviviales… Ces initiatives et de nombreuses autres intuitions ont créé un lien notamment dans le monde rural, en réunissant autour d’un même projet des personnes qui ne se côtoyaient pas forcément dans la vie quotidienne. (…) De nombreuses actions ont montré l’intérêt et les bienfaits des petits projets, initiés par quelques personnes pour un petit nombre de réfugiés accueillis. Ces microprojets ont favorisé une rencontre significative entre les personnes au plan humain et parfois au plan spirituel.

Un nouvel ordre international fondé sur la charité

L’Église s’est mobilisée pour tous les migrants, quelle que soit leur religion. Parmi ces frères et sœurs accueillis, les chrétiens représentent une minorité, mais une minorité riche de ses particularités, non seulement ethniques, linguistiques, mais aussi rituelles, car la plupart des migrants chrétiens appartiennent à d’autres confessions ou sont des catholiques de rite melkite, maronite… C’est une chance pour notre Église en France, car les chrétiens qui ont grandi dans d’autres cultures que la nôtre apportent leur contribution à notre annonce de l’Évangile (cf. La joie de l’Évangile, n° 116).

Quant à nos frères et sœurs d’autres religions, notamment les musulmans, notons qu’ils se dirigent vers l’Europe, continent héritier de la tradition chrétienne. Ce phénomène migratoire, dont les principales causes sont la pauvreté et la guerre, constitue bien sûr un grand défi pour notre Église aujourd’hui. Ne manquons pas le rendez-vous de la charité, tout en respectant le travail de nos partenaires de la société civile et de l’État. Ne minimisons pas les difficultés que cela représente pour nos gouvernants et gardons-nous de donner des leçons de morale. (…)

Dans Politique et société, le pape François croit que l’Europe est capable d’intégrer les personnes accueillies. Il nous rappelle que, au plan existentiel, du fait de notre foi, nous sommes tous des migrants et qu’avant le droit d’émigrer, il y a le droit de ne pas émigrer, dont parlait le pape émérite Benoît XVI. Pour cela, il faut trouver dans les pays de migration des sources de création d’emploi et savoir y investir.

Le phénomène migratoire d’une grande ampleur auquel nous assistons de nos jours donne une mission à l’Europe qui a déjà relevé tant de défis. Le Pape parle de sa situation démographique catastrophique et nous avertit : « L’Europe peut perdre le sens de sa culture, de sa tradition. Pensons que c’est le seul continent à nous avoir donné une aussi grande richesse culturelle. L’Europe se retrouvera en retournant à ses racines et en cessant d’avoir peur de devenir l’Europe mère. » Ainsi le phénomène migratoire invite l’Europe à la grandeur d’âme. Relevons le défi : que l’ordre international demain repose non sur la conquête mais sur la charité !

Monseigneur Georges Colomb
Évêque de La Rochelle et Saintes
Responsable de la pastorale des migrants pour la Conférence des évêques de France