La Réconciliation

Le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation est un des hauts lieux de la joie chrétienne !

Notre vie est marquée par le péché et nous en souffrons. Son poids pèse sur notre conscience et il perturbe notre relation à Dieu et aux autres. Mais nous savons qu’auprès du Seigneur se trouve le pardon et la grâce d’une vie renouvelée.

L’Église nous propose de rencontrer un prêtre pour nous confesser et recevoir le pardon du Seigneur. Dans le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation, aussi appelé confession, le prêtre tient la place de Jésus-Christ qui n’est pas venu pour condamner mais pour sauver. Nous pouvons lui parler en toute confiance car il est tenu au secret le plus total sur ce que nous lui confions. Il nous aide à voir plus clair sur notre vie et à comprendre comment vivre selon l’Évangile. Il nous donne le pardon qui rétablit en nous la grâce d’enfant de Dieu.

Nous pouvons nous préparer à cette rencontre en nous laissant interpeller par sa Parole.

Renouvelés par ce sacrement nous deviendrons plus capables d’accomplir la volonté du Seigneur, de progresser dans la charité et d’être des témoins de la miséricorde divine.

Confession tendresse

Depuis le début de son pontificat, le Pape François encourage les fidèles, les prêtres ou encore les évêques à recevoir plus souvent le pardon de Dieu. « Remettons au centre le sacrement de la réconciliation, véritable espace de l’Esprit dans lequel tous, confesseurs et pénitents, nous pouvons faire l’expérience de l’unique amour définitif et fidèle, celui de Dieu pour chacun de ses enfants, un amour qui ne déçoit jamais », aime-t-il ainsi à rappeler.

Dom Bosco, un grand apôtre de la miséricorde, disait : « La confession est un signe admirable de la miséricorde de Dieu envers les pécheurs. Si Dieu avait voulu pardonner nos péchés seulement par le baptême, combien de chrétiens se perdraient à coup sûr. Connaissant notre grande faiblesse, Dieu a voulu instituer un autre sacrement pour remettre nos péchés commis après le baptême. Ce sacrement, c’est la confession, le sacrement de la pénitence. Le confesseur est un père charitable, il n’a en vue que notre salut. C’est un médecin qui guérit toutes les plaies de l’âme ».

Ce sacrement s’enracine dans les paroles de Jésus ressuscité, qui, lors de sa première apparition au soir de Pâques, dit à ses disciples : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leurs seront retenus » (Jn 20, 22-23). La conséquence immédiate du sacrifice du Fils de Dieu sur la croix est le don de l’Esprit Saint, annoncé déjà lorsque le cœur du Christ est transpercé et que de l’eau coule sur le roc du calvaire. Cette eau annonce le don de l’Esprit qui va transformer le cœur de pierre de l’homme en un cœur de chair, capable par le don de l’Esprit de battre au rythme du cœur de Dieu, d’aimer comme Dieu aime. Cette grâce extraordinaire se réalise à chaque baptême, où le catéchumène est plongé dans les eaux, c’est-à-dire dans la vie de la Trinité. Elle est renouvelée à chaque absolution qui est, selon les Pères de l’Église, un baptême dans les larmes qui purifie et nous rétablit dans la grâce originelle du baptême.

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La pénitence est un second baptême, le baptême des larmes

Saint Grégoire de Nazianze

Pompeo Batoni, Le Fils prodigue
Pompeo Batoni, Le Fils prodigue

1. POUR COMMENCER

Le prêtre m’accueille au nom du Christ. Je peux m’asseoir ou me mettre à genoux. Une croix, l’aube et l’étole du prêtre sont les signes de la présence de Dieu. À travers le prêtre, c’est le Christ lui-même qui est présent. S’il ne me connaît pas, il est bon de me présenter rapidement.

Je demande au prêtre : « Père, bénissez-moi, parce que j’ai péché. »

Avec le prêtre, je fais alors le signe de la croix.

2. JE RECONNAIS MON PÉCHÉ

À la lumière de la Parole de Dieu, j’exprime mes péchés (au sens littéral : je reconnais). « Confesser » signifie trois choses : proclamer sa foi, reconnaître l’amour dont Dieu m’aime et dire mes péchés. Je peux indiquer un passage de l’évangile que j’ai choisi, ou qui m’est venu à l’idée quand j’ai préparé ma démarche de réconciliation…

Je peux commencer en disant :

« Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant vous mon père que j’ai péché en pensée, en parole, par action et par omission : oui, j’ai vraiment péché. C’est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, mon père, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. »

Ensuite, j’avoue mes péchés librement, sans m’excuser, sans me justifier, sans m’accabler. Le prêtre peut m’aider de ses conseils.

3. JE PRIE POUR ACCUEILLIR LE PARDON

Le prêtre m’invite à prier pour exprimer ma contrition, c’est-à-dire le regret de mes péchés et le désir de changer de vie. Je peux le faire des façons suivantes :

« Mon Dieu, j’ai un très grand regret de T’avoir offensé parce que Tu es infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Te déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Ta sainte grâce, de ne plus T’offenser et de faire pénitence. »

« Mon Dieu, j’ai péché contre Toi et mes frères, mais près de Toi se trouve le pardon. Accueille mon repentir et donne-moi la force de vivre selon Ton amour. »

Ou en disant le Notre Père ou bien une autre prière.

4. J’ACCUEILLE LE PARDON DE DIEU

Le prêtre me donne l’absolution :
Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde : par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés. Par le ministère de l’Église, qu’il vous donne le pardon et la paix.
Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés.

Je réponds : AMEN.

5. LE PRÊTRE M’ENVOIE VIVRE EN “RÉCONCILIÉ »

Le prêtre m’invitera à l’action de grâce, à la conversion et à la pénitence (prière, effort pour sortir de moi-même, de mes habitudes, partage, service du prochain…). Il me souhaite joie, confiance et force en me disant par exemple : « Heureux celui qui est pardonné, délivré de son péché. Réjouissez-vous dans le Seigneur. Allez en paix. »

Je ne quitte pas l’église sans me recueillir un instant pour prendre le temps de remercier Dieu de son pardon et pour lui demander ce qu’il attend de moi maintenant.

À la lumière de la Parole de Dieu, chaque fidèle est appelé à se reconnaître pécheur. Des textes de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament aident chacun à prendre conscience du décalage qui peut exister entre le contenu du message biblique et le contenu de nos actes quotidiens. En même temps, l’Écriture révèle la miséricorde sans limite du Seigneur pour celui qui se reconnaît pécheur. L’écoute de la Parole de Dieu et la prédication qui souvent l’accompagne, conduisent les fidèles à réaliser un examen de conscience le plus objectif possible sous le regard miséricordieux d’un Dieu, qui n’a qu’un désir, répandre son amour, comme un baume apaisant, dans le cœur blessé de chacun de ses enfants.

La lumière qu’apporte la Parole de Dieu permet d’éviter une approche moralisante et culpabilisante qui a pu exister et traumatiser certains dans le passé.

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Jésus dit : « Voici le premier commandement : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là.»

Dans l’évangile de saint Marc (12, 28-31)

Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien.

Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

(…) Si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation.

De la Lettre aux Romains (5, 6-11)

Jésus dit : « Ne jugez point afin de n’être point jugés, car de la façon dont vous jugez, vous serez jugés, et avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré. Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne remarques-tu la poutre qui est dans ton oeil ? »

Dans l’évangile de saint Matthieu (7, 1-3)

Il est notre Seigneur, lui, notre Dieu, notre Père, il est Dieu, pour les siècles des siècles ! Il vous frappera pour vos péchés, mais il vous prendra tous en pitié. Si vous revenez vers lui de cœur et d’âme pour vivre, dans la vérité, devant lui, alors il reviendra vers vous et jamais plus ne cachera sa face. 

Regardez ce qu’il a fait pour vous, rendez-lui grâce à pleine voix ! Bénissez le Seigneur de justice, exaltez le Roi des siècles !

Du Livre de Tobie (13, 4-7)

Jésus dit : « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Dans l’évangile de s. Matthieu (5, 3-12)