Le Prado  : une spiritualité missionnaire

Antoine CHEVRIER (1826-1879) est un prêtre lyonnais du 19ème siècle, proclamé Bienheureux par le Pape Jean-Paul II, à Lyon, le 4 octobre 1986.

Il avait le désir et la préoccupation de faire connaître Jésus Christ en le fréquentant très souvent dans les évangiles et en étant présent aux populations pauvres de son temps, les périphéries de l’époque, dans le contexte du prolétariat de l’ère industrielle naissante.

Ce que le Père CHEVRIER a écrit pour les prêtres s’adresse aussi aux personnes qui cherchent à devenir ensemble des disciples-missionnaires de Jésus-Christ.

Au Prado, on s’entraide et on s’entraîne à vivre cette spiritualité missionnaire, en particulier auprès des milieux et des périphéries pauvres de la société.

Fréquenter Jésus Christ dans les évangiles pour mieux le connaître, l’aimer, le suivre, témoigner de lui, proposer la foi chrétienne d’une façon simple.

Antoine CHEVRIER, fondateur du PRADO

Un prêtre attentif aux gens du peuple dans une société en mutation

En 1826, Antoine Chevrier naît à Lyon. La ville est en pleine mutation. Beaucoup de peurs agitent la société et l’Église. L’expansion industrielle se répand, rive gauche du Rhône. Antoine Chevrier, ordonné prêtre en mai 1850, est envoyé par son évêque à Saint-André de la Guillotière, faubourg lyonnais aux conditions de vie déplorables. Il va voir les gens chez eux. Il y côtoie la misère. En mai 1856, des inondations catastrophiques recouvrent le quartier. Antoine Chevrier participe activement, avec d’autres, aux secours. L’ampleur de la misère s’impose un peu plus à lui.

Un événement source d’une conversion et d’une mission

Dans la nuit de Noël 1856, la méditation devant la crèche bouleverse Antoine Chevrier, jeune prêtre depuis six ans : Dieu se fait humain et pauvre pour sauver le monde, et les êtres humains continuent à sombrer, l’humanité continue à s’enliser dans le mal. Il se décide alors à étudier l’Évangile et à suivre Jésus Christ de plus près pour rester aux côtés des pauvres et leur annoncer l’Évangile simplement.

Cette nuit de Noël va orienter sa vie de prêtre d’une façon nouvelle. En 1857, il est nommé aumônier dans une cité d’urgence, une œuvre de logement social. Mais au fond de lui-même, il souhaite autre chose. En 1860, Il achète une salle de bal de mauvaise réputation : le Prado. Dans cette maison il accueille régulièrement des enfants et des jeunes du quartier. Le but est de leur faire connaître et aimer Jésus Christ, tout en leur donnant les bases d’une formation humaine. En 1866, il ouvre au Prado une école pour permettre à des jeunes du peuple de devenir prêtres, des prêtres pauvres pour les pauvres. Ce sont les débuts de ce qui deviendra l’Association des Prêtres du Prado. Il associe à cette œuvre de jeunes ouvrières et employées de maison. Il leur propose une vie consacrée au Christ et aux pauvres. Elles seront les premières Sœurs du Prado.

Le charisme reçu par le Père CHEVRIER

Antoine CHEVRIER passait beaucoup de temps à travailler et méditer la Bible, à « étudier » Jésus Christ dans les évangiles pour le suivre, s’attacher lui, se laisser transformer par lui, le faire connaître. Dans ce travail spirituel, il trouvait une manière de vivre et d’annoncer l’Évangile aux pauvres. Ce travail spirituel était la source de son action : former des catéchistes et des prêtres pauvres pour les pauvres. Il pensait que c’était un besoin pour l’Église de son époque.

Antoine Chevrier était très humble. En même temps, il avait une conscience vive de l’œuvre à réaliser, même si les résultats immédiats ne furent pas brillants. Il a eu aussi à endurer des souffrances physiques et morales. Cette attitude d’humilité profonde lui donnait force, courage et persévérance. Antoine Chevrier n’était pas un prêtre sûr de lui, mais il faisait confiance à la vision reçue la nuit de Noël 1856.

Quelques paroles significatives d’Antoine CHEVRIER

« Connaître Jésus Christ, c’est tout. »

« Notre premier travail est de connaître Jésus Christ. »

« Étudier Jésus Christ. » « Suivre Jésus Christ de plus près. »

« Jésus Christ doit être notre pensée habituelle et constante. »

« Jésus Christ nous appelle à devenir de véritables disciples. »

« Avoir (recevoir) l’esprit de Dieu, c’est tout. »

« Que la pauvreté et la simplicité soient toujours le caractère distinctif de notre vie. »

« N’apporter aucun obstacle à l’Évangile de Jésus Christ. »

« Que de pauvres dans le monde. » « Ce sera par le détachement et la pauvreté que nous retrouverons notre place dans le cœur des peuples. »

« Devenir du bon pain. »

La famille du Prado aujourd’hui

L’Association des prêtres du Prado est composée de prêtres diocésains, présents dans une cinquantaine de pays dans le monde.

Les sœurs du Prado sont présentes dans plusieurs pays.

Des laïcs consacrés, appelés « Frères » du Prado, sont membres de l’Association des Prêtres du Prado.

L’Institut Féminin du Prado (IFP) regroupe des laïques consacrées.

Des laïcs reliés au Prado se retrouvent autour de l’Étude de Jésus-Christ dans les évangiles.

Des diacres permanents, avec les épouses, ont leur propre organisation dans le Prado.

Dans le diocèse d’Albi : la famille pradosienne est composée d’une communauté de sœurs à Réalmont, d’une personne de l’IFP, d’équipes de laïcs, de 10 prêtres.

Contacts

Religieuses : 05 63 55 35 26

Laïcs : 05 63 74 34 01

Prêtres : 05 63 46 12 98

http://www.leprado-france.fr/

Explication du

Le Père CHEVRIER se retirait souvent dans une maisonnette mise à sa disposition par un propriétaire terrien. Elle était isolée au milieu des champs, dans la campagne lyonnaise, à Saint-Fons. Cette modeste construction servait de refuge pour les animaux, ce qui explique l’emplacement d’une mangeoire.

Antoine CHEVRIER a écrit sur les murs le résumé de sa vision et de son message autour de : la crèche, la croix, le tabernacle.