Les Sœurs de Gethsémani fêtent les 150 ans de leur Institut

Les Sœurs du Christ à Gethsémani rendent grâce pour les œuvres accomplies depuis la fondation de leur Institut il y a 150 ans.

Elles se réuniront à Lourdes du 27 au 30 octobre 2017. Le programme est bâti sur les axes de vie chers au Pape François :  « S‘il vous plaît… Pardon… Merci ! »

  • Pour mettre en lumière le charisme de l’Institut, partage, conférence et témoignages alterneront avec les temps de prière des Sanctuaires (procession aux flambeaux, chemin de croix, veillée de louange…)
  • Dimanche 29 octobre à 9 h en l’église Sainte-Bernadette, au cours de la messe, les jubilés de plusieurs sœurs (60 et 50 ans de vie religieuse) seront fêtés. Un autre anniversaire sera évoqué : les 50 ans de l’ouverture de la mission au Niger !

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Sœur Anne, en ce mois de septembre 2017, donne des nouvelles de la grande famille “Gethsémani-Niger ». En lisant cette lettre, on perçoit combien la vocation des sœurs est d’essayer d’aimer jusqu’au bout. Elles “contemplent dans l’homme le visage du Christ”, en assurant les multiples services qui sont terreau de vie et de fraternité.

Les Sœurs violettes

C’était le nom que les gens donnaient aux origines, aux sœurs de la Congrégation bien connue dans le Tarn. Elle fêtera à Toussaint 2017 son 150ème anniversaire, lors d’un rassemblement à Lourdes avec des amis. Tout a commencé avec un religieux, Antoine Nicolle et une future fondatrice, Antonia Berlier. Ce religieux appartenait à la Congrégation de la Mission, les Lazaristes disait-on. Elle a été fondée par saint Vincent de Paul à la fois pour former des prêtres et travailler aux missions en France et à l’étranger. (Ils furent les premiers missionnaires de Madagascar, dès 1648). Former les prêtres c’est dans ce but que le cardinal de Bernis, les appela au grand séminaire d’Albi, en 1774. Après les perturbations de la Révolution française, les mêmes religieux revinrent à Albi dans les locaux qui sont aujourd’hui ceux du lycée Rascol. En 1874, Antoine Nicolle est nommé supérieur du grand Séminaire d’Albi. Il y arrive avec, dans le cœur, le plus vif intérêt pour une association de prière, l’archiconfrérie de la Sainte Agonie. Celle-ci a un succès qu’on a peut-être du mal à comprendre aujourd’hui. Le Pape, de nombreux évêques, des prêtres y adhèrent avec des milliers de laïcs. C’est dans ce sillage que va naître la Congrégation des Sœurs de la Sainte Agonie, vêtues d’une robe violette comme il convenait au service de populations en grande souffrance. On va en parler.

La Fondatrice Antonia Berlier issue d’une famille bourgeoise, a eu d’abord une bonne éducation à Paris au fameux « Couvent des Oiseaux ». À travers une foule d’obstacles, la jeune Antonia approfondit son attachement à Jésus agonisant, d’abord auprès de Notre Dame de Valfleury, proche de Saint Chamond. Le Père Nicole, son conseiller spirituel est nommé à Albi, il va l’orienter vers Mazamet où quelques jeunes filles vont se regrouper autour d’Antonia. Avec le souci de la mission cher aux Lazaristes et celui de Jésus agonisant, elles pensent à la jeunesse locale, moralement très menacée au moment de la rapide industrialisation du Mazamétain d’une part, de Carmaux par ailleurs. Les fondations se multiplient toujours au service des pauvres : Mazamet, Labastide- Rouairoux, Rive de Gier, Montpellier et jusqu’en Italie. Cliniques et dispensaires, maisons d’enfants et tel centre ménager où les filles apprenaient à coudre tout en priant le chapelet…

On a du mal, 150 ans plus tard, à percevoir comment cette fondation, sa spiritualité, ses œuvres correspondaient aux urgences de l’époque : la grande misère populaire et plus largement la prière pour le Pape et l’Eglise. C’était l’époque où vont disparaître les états du Pape. Ce dernier est moqué, ridiculisé. Les sœurs suscitent un mouvement de prière et d’offrande pour le Pape et l’Eglise. Le Pape semblait alors agonisant comme le Christ à Gethsémani. Ces heures à la fin de la vie de Jésus sont au cœur de la prière des sœurs, aussi bien en veillant des mourants qu’en s’engageant dans de multiples initiatives au service des pauvres.

Depuis 1983 la Congrégation a choisi un nouveau nom : « Sœurs du Christ à Gethsémani » qui résume leur mission précisée en quatre objectifs : Paix de l’Eglise, conservation de la foi, cessation des fléaux, salut des agonisants. Le manque de vocation a réduit leur voilure : une maison de jeunes cas sociaux à Rive de Gier, des maisons de retraite à Carmaux et Mazamet, mais avec audace, dès 1967, elles ont fondé une mission au cœur du Niger musulman où quelques bougeons africains grandissent de concert  avec une autre Congrégation, les sœurs de Jeanne Delanoue. En France, un solide réseau des « Amis de Gethsémani » joue un rôle de soutien et de relais, en particulier pour la Communauté de Niamey qui y poursuit son service auprès des jeunes de la rue, comme autrefois à Mazamet.

Bel anniversaire auprès de Marie à Lourdes, comme autrefois à Valfleury.

Abbé Claude CUGNASSE

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La congrégation des Sœurs de Christ à Gethsémani fête cette année 150 ans d’existence. A cette occasion, le Père Philippe Bastié nous présente le Père Nicolle et Mère Thérèsee, les co-fondateurs. Une émission réalisée par Nicolas Hermet.