Tout ce qu’il vous dira, faites-le (Jean 2, 5)

Les fêtes de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie et de sa royauté qui précèdent celle de sa nativité viennent fortifier notre espérance. Une créature humaine, comme chacun de nous,  magnifiquement comblée d’une grâce particulière, a pu, après avoir vécu sa vie terrestre dans l’obéissance de la foi, connaître la pleine réalisation du salut, obtenu par le Christ pour l’humanité entière, et entrer pour toujours dans l’intimité de la Trinité. La Vierge nous a tracé le chemin à suivre : faire confiance à la Parole de Dieu. Marie a cru à la parole que Dieu lui a adressée par la médiation de l’ange et, plus tard, elle a cru aussi en la Parole incarnée, son Fils Jésus. À Cana, ne recommande-t-elle pas aux serviteurs « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jean 2, 5).

Marie est devenue le modèle de tout disciple du Christ, en étant aussi sa mère. En effet, du haut de sa croix, Jésus a donné Marie pour mère à Jean, et à travers lui à tous ses disciples à venir. En outre, il a affirmé : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique » (Luc B, 21). Marie est celle qui a écouté la Parole et qui a su y adhérer de manière absolument exemplaire aux jours heureux de l’Annonciation et de la Visitation, comme aux jours ténébreux du recouvrement de Jésus au Temple de Jérusalem et au pied de la Croix. Son existence n’a pas été l’écoulement d’un long fleuve tranquille, mais plutôt une suite d’événements surprenants et déroutants qui n’ont jamais entamé sa résolution d’être « la servante du Seigneur ». Consciente des dons de Dieu, la Vierge se sait bienheureuse, elle tressaille de joie en Dieu son Sauveur. Bénéficiaire de la miséricorde divine, sa compassion maternelle va s’étendre à tout le genre humain, dont elle est la mère. Marie est devenue celle qui écoute chacun de ses enfants et veille sur la croissance dans la grâce de tous.

Son passage de la vie terrestre à la vie céleste lors de son assomption nous oriente vers le but de toute vie humaine : le ciel. Lorsque sont évoquées aujourd’hui ce qu’il convient de nommer les fins dernières, c’est-à dire
la béatitude céleste, le purgatoire, l’enfer… sur bien des visages apparaît un certain sourire empreint de doute et de commisération. Sans oser toujours l’exprimer, les derniers croyants seraient à plaindre de croire encore à des réalités relevant davantage de la mythologie de temps révolus que de la modernité scientifique… Cette perte du sens de l’existence, révélé par les Écritures et toute la tradition chrétienne jusqu’à aujourd’hui, peut en partie expliquer le désespoir de nombreux contemporains face aux différentes épreuves de la vie. La récente canonisation des enfants de Fatima, sainte Jacinthe et saint François, pourraient aider ceux qui doutent du dessein bienveillant du Père pour ses créatures dans Il présent et l’éternité. Les jeunes et saints voyants du Portugal ont eu une vision de l’enfer qui les a amenés à intensifier leur prière et leur pénitence, afin d’éviter aux pécheurs la souffrance de la privation éternelle de la vision et de l’amour divin. Créé par l’amour divin et pour l’amour divin, sans Dieu l’homme perd le sens de sa destinée.

En la personne de la Vierge Marie, nous pouvons contempler la pleine réalisation du plan de Dieu sur l’humanité entière. Elle nous montre par sa prise au sérieux de la Parole divine la manière de progresser dans la foi jusqu’à atteindre au terme de notre vie terrestre la béatitude éternelle. De manière souvent mystérieuse mais bien réelle, elle accompagne ceux et celles qui s’en remettent à elle, en les éduquant à devenir des disciples fidèles de son Fils. Son intercession est un précieux trésor. Les grâces obtenues par son intermédiaire sont innombrables. Les sanctuaires qui lui sont consacrés à travers le monde en sont une preuve éminente.

En consacrant le diocèse au Cœur de Jésus et au Cœur immaculé de Marie, lors du récent pèlerinage diocésain à Lourdes, j’ai désiré que se répandent dans le cœur de chaque diocésain les capacités de se convertir pour devenir les missionnaires dont le diocèse a un urgent besoin afin d’annoncer le Christ en particulier aux plus jeunes.

+ Jean LEGREZ
Archevêque d’Albi

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