Chaque fois que vous l’aurez fait à l’un des plus petits… (Mt 25,10)

Dans le contexte national et international qui est le nôtre en ce début de l’année 2017, chaque catholique est appelé à s’interroger sur sa connaissance de la doctrine sociale de l’Église, autant que sur la manière dont il la met en pratique. ll existe un ouvrage qui est l’équivalent du Catéchisme de l’Église Catholique pour l’exposé de la foi et qui s’intitule le Compendium (c’est-à-dire le résumé) de la doctrine sociale de l’Église. Ce volume de cinq cent trente pages montre comment l’Évangile apporte une lumière spécifique à toutes les réalités de la vie en société, telles que la personne humaine, la famille, le travail, la vie économique, la politique, la communauté internationale, l’environnement, la paix, l’engagement des fidèles laïcs dans la société et dans l’Église. Un tel livre se consulte comme un dictionnaire plutôt qu’il ne se lit de la première à la dernière page. Écrit dans un style clair, il est d’une lecture aisée. Chaque incursion informe et nourrit la réflexion.

En outre, vient de paraître en juillet 2016 un ouvrage, intitulé DOCAT, dont la prétention est de vulgariser la doctrine sociale de l’Eglise Catholique auprès des jeunes. Dans la préface de ce volume très abordable, le Pape François explique aux jeunes : « Dans le titre, il y a le mot anglais «faire» «to do». Le Docat répond à la question «que faire ?», un mode d’emploi en quelque sorte pour nous aider par le biais de l’Évangile à d’abord nous changer nous-mêmes, pour ensuite changer notre entourage immédiat, et au final changer le monde entier. Car, de par la force de l’Évangile, nous sommes capables de vraiment changer le monde ».

Connaître la doctrine sociale de notre Église est une nécessité urgente, afin que chaque baptisé enrichi par une doctrine issue du cœur de l’Évangile, et plus précisément de Jésus lui-même, puisse agir de manière éclairée et responsable en faveur du bien commun, de la justice et de la paix. Dans ma récente lettre pastorale : « Envoyés en mission par le Saint Esprit », je notais comme une priorité pour la mission la formation. « Pour mieux répondre aux questions actuelles et être capable d’annoncer l’Évangile dans la société contemporaine, les catholiques ont besoin de formation dans des domaines variés » ; et j’énonçais : « le service des démunis, l’accueil des réfugies, le monde agricole, l écologie, le monde de la santé, le service des personnes malades et handicapées ». Autant de secteurs de la vie en société qui dépendent de Ia réflexion et de l’engagement d’hommes et de femmes courageux, intègres et désintéressés.

C’est le moment de répondre à l’appel du pape François :
« Rien ne pourra changer le monde que ces personnes qui, avec Jésus, donnent leur vie pour ce monde, qui, avec Jésus, vont jusqu’aux périphéries, jusqu’au beau milieu de la crasse. Lancez-vous aussi en politique, battez-vous pour la justice et la dignité de l’homme, spécialement les plus pauvres. Vous êtes tous l’Église. Faites en sorte que cette Église se transforme, qu’elle devienne vivante parce qu’elle se laisse interpeller par les cris des opprimés, par les supplications des nécessiteux et de tous les laissés pour compte. Et mettez-vous vous-mêmes en mouvement ».

Courage et à bon entendeur, salut !

† Jean LEGREZ,
Archevêque d’Albi