Labruguière : Notre-Dame de Grâce

Dans le monde entier des catholiques prient Marie. Ils bâtissent chapelles et sanctuaires en particulier sous le vocable de Notre-Dame de Grâce. Dans le Tarn, la chapelle la plus célèbre sous ce vocable, se situe dans la commune de Grazac, à proximité de Rabastens. Elle est connue en particulier, depuis que saint Vincent de Paul y aurait célébré sa première messe. C’est un signe de ferveur mariale de ce grand serviteur des pauvres. Il s’appuyait sur la prière de Marie qui relaie nos appels vers son Fils. Le saint pape Paul VI rappelait que « Marie élevée au ciel, n’a pas renoncé à sa mission d’intercession ». Le peuple catholique dans le « Souvenez-vous », assure « jamais on n’a entendu dire » que la prière à Marie soit restée sans résultat.

À Labruguière aussi on se tourne depuis longtemps vers Marie. La chapelle Notre-Dame de Grâce, sur la route de Castres, a été restaurée en 2017. Elle existait avant 1524 puisqu’à cette date, le roi François 1er autorisait qu’on la décore avec la fleur de lys, symbole royal. Durant 5 siècles les restaurations et agrandissements se sont succédés dans cette modeste chapelle (13m25 de long, 4m56 de large, 4m de haut à la clé de voûte). On sait par exemple que Jeanne de Corbière présida à une restauration en 1680. On en ignore les motifs comme on ne connaît pas les origines du sanctuaire. Une source coulait à ses pieds dans le Thoré, rivière poissonneuse où parfois certains s’aventuraient dans grottes et remous et ils devaient leur « grâce » qu’au secours de Marie.

En 2014, M. Guy Nègre habitant du quartier, réunit des bonnes volontés pour lancer une souscription et entreprendre des travaux. Il fit naturellement appel au plan national à la Fondation du patrimoine qui fournit 15 000 € et la commune a financé une partie des matériaux mis en place par les bénévoles. Ceux-ci se mirent à l’œuvre, en particulier pour enlever les vieux crépis extérieurs, travaux marqués, hélas, par la crise cardiaque mortelle de M. Georges Molina, l’un des bénévoles. Ces derniers, au total, ont effectué un ensemble de travaux évalués à 40 000 €, une somme équivalente au produit, par ailleurs, de la souscription. Au total c’est 80 000 € de travaux qui ont été effectués. Aujourd’hui, le bâtiment est garni de chéneaux et finalement une jeune artiste Laura Jamet a travaillé près de 6 mois à reprendre l’ensemble des peintures de l’école de Morelli au XIXème siècle. Elle était encouragée, chaque matin, par le croissant que lui portait, tout chaud, une voisine de la chapelle… Les peintures, sur fond bleu pastel, illustrent quelques invocations tirées en latin des litanies de la Sainte Vierge, comme le « Pulcha ut luna, electa ut sol » que l’on peut traduire : « Belle comme la lune et aussi brillante que le soleil ».

Le 1er juillet 2017, une inauguration et bénédiction officielle se sont déroulées dans la chapelle rénovée. On y retrouve bien sûr les « ex-voto » ou  « merci » du passé. Autrefois, on y venait en procession depuis l’église paroissiale, aujourd’hui la ferveur mariale va de nouveau animer cette « perle » du patrimoine local.

 Abbé Claude CUGNASSE