Saint Théodoric Balat

Martyr, 9 juillet
Mémoire obligatoire

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Le Tarnais

Théodoric Balat est né sur la paroisse de Saint-Martin-du-Taur, que le Tarn sépare de Lisle-en-Albigeois, le 23 octobre 1858, deux ans après la mort d’Émilie de Vialar. Son père était forgeron. Après avoir fréquenté l’école des Frères de la Doctrine chrétienne, il poursuit ses études au Petit séminaire de Lavaur, où il n’obtient que des notes médiocres, sauf en conduite. C’est là que le passage d’un franciscain missionnaire qui parle de la Chine jette en lui la semence de sa double vocation.

Le Franciscain

Après deux années passées au Grand séminaire d’Albi, il est admis au noviciat des Frères Mineurs à Pau, en 1880. C’est le moment où entre en vigueur une politique de lutte contre les congrégations non autorisées. Les Jésuites de Castres sont expulsés le 1er juillet et le 5 novembre, c’est le tour des Franciscains du Tiers Ordre d’Ambialet. Le lendemain, la force publique envahit le couvent où se trouve Théodoric : avec les autres novices il passe quatre mois dans les dépendances d’un château, puis s’exile en Angleterre où il prononce ses vœux et voit se confirmer son projet de partir pour la Chine.

Le missionnaire

Ordonné prêtre à Paris en 1884, il célèbre une de ses premières messes dans l’église de son baptême, mais son état de santé le retient à Lyon, puis en Palestine, retardant son embarquement à Port-Saïd jusqu’au 2 octobre de l’année suivante. Par le canal de Suez, inauguré quinze ans auparavant, Colombo, Singapour, Saïgon, Hong-Kong, Chang-Hai et Tien-Tsin, il arrive le 14 décembre à Taï-Yuan, chef-lieu de la province du Chan-Si qui sera le terrain de son apostolat. À pied ou à cheval il en parcourt, à partir de Tai-Tong, la région septentrionale, au pied de la Grande Muraille, plongée dans une extrême misère. Il visite les fidèles, avec le souci constant d’entrer en contact avec les non chrétiens. Puis un couvent est fondé à Tong-el-Keo où plusieurs fonctions lui sont successivement confiées : directeur du Petit séminaire, maître des novices. Sa santé est “délabrée », comme il l’écrit lui-même, et il revient à Tai-Yuan où il est chargé des affaires matérielles du Vicariat, ainsi que de l’aumônerie des sœurs et de l’orphelinat.

Le martyr

Le massacre dont Théodoric fut l’une des victimes, le 9 juillet 1900 à Tai-Yuan avec les religieux, les religieuses et d’autres chrétiens catholiques et protestants s’inscrit dans ce mouvement de révolte sanguinaire contre la présence des Européens, qui s’attaqua particulièrement aux légations étrangères. Perpétrés par les tueurs de la société secrète dite des “Boxers » avec l’assentiment et la collaboration du gouvernement, il visait à protéger les traditions nationales contre la civilisation “barbare » qui se répandait dans l’Empire. Si les Églises étaient particulièrement visées, c’est parce qu’elles intégraient des Chinois qui, considérés comme des traîtres, ne furent pas épargnés ; plusieurs d’entre eux ont été canonisés, avec les franciscains et les franciscaines, le 30 septembre 2000. D’autres sont morts en Chine, lors de la même persécution et plus d’un a eu à choisir entre la mort et l’apostasie ; il est juste qu’ils soient tous vénérés comme martyrs.

L’Église aime à se recueillir sur la tombe de ses martyrs, mais ceux-ci n’ont jamais eu de tombe ; leurs corps ont été jetés pêle-mêle dans une fosse, dans la campagne chinoise. Mais on garde et on célèbre la mémoire de Théodoric à Saint-Martin-du-Taur et dans le secteur de Lisle-sur-Tarn. Et le jour anniversaire de sa mort, c’est dans tout le diocèse que la prière monte vers Dieu par son intercession.

Extrait Les saints de chez nous du père Robert Cabié