Abraham et Isaac

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Ces deux patriarches figurent dans la 1re travée après le Christ en majesté. Abram (que Dieu appellera Abraham) est le père des croyants, Isaac est son fils. Pasteur nomade, Abram quitte son pays natal sur un appel de Dieu : « Pars de ton pays, va dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation…. » (Genèse 12, 1-2) Le Seigneur renouvellera sa promesse : « Voici l’Alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d’un grand nombre de peuples… ta femme Sara, je la bénirai en te donnant un fils …Tu observeras mon Alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. » Cette alliance est scellée par la circoncision d’Abraham et de sa maison (chapitre 17, versets 4 à 17).

Dans la 2e travée après le Christ en majesté –côté nord-, est représenté le sacrifice d’Isaac par Abraham.

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« Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en sacrifice sur la montagne que je t’indiquerai. IGITVR ABRAHAM / DE NOCTE CONSVR / GENS STRAVIT ASI/NVM SVVM : Abraham se leva de bon matin, sella son âne, » et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour le sacrifice, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué ». (Genèse 22, 1- 3)

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Sur la voûte, à gauche, Abraham conduit l’âne chargé du bois du sacrifice et d’un chien ou d’un chat qui s’est juché sur le tout, mais dont l’Écriture ne fait pas mention.

abraham5«  Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs :

« Restez ici avec l’âne. Moi et l’enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »

Abraham prit le bois pour le sacrifice et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble. Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »

Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils », et ils s’en allaient tous les deux ensemble. Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.

Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. » Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique. »

Sur la voûte, Abraham lève le glaive et va immoler Isaac, victime consentante, à genoux et les mains jointes. Mais l’Ange est survenu, il retient le glaive d’une main et de l’autre montre le bélier « DEVS PROVIDEBIT / SIBI VICTIMAM / HOLOCAVSTI / FILI MI : Dieu pourvoira une victime pour l’holocauste, mon fils (Genèse, 22, 8) » : cette inscription se trouve sur la voûte au milieu des trois scènes représentant l’épisode, car elle représente le cœur du message de Dieu.

« Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils ».

Sur la voûte, à droite, Abraham –vêtu de rouge et « rajeuni »- est à genoux, il rend grâces à Dieu après avoir vu le bélier que Dieu destine effectivement au sacrifice : « LEVAVIT ABRAHAM / OCULOS VIDITQVE P/OST TERGVM ARIETEM INTER VEPRES : Abraham leva les yeux et vit derrière son dos un bélier dans les ronces » (Genèse, 22, 13). 

abraham6On peut lire dans cet épisode une insistance sur la foi d’Abraham : « Du ciel l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m’as obéi, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. » (Genèse, 22, 18).

On peut aussi percevoir une pédagogie divine qui permet à Abraham de comprendre que son Dieu n’est pas un Dieu violent et dominateur : il ne veut pas d’infanticide, il est un dieu autre, un Dieu d’amour. Or près de 2 millénaires après Abraham, le christianisme a vu aussi dans ce patriarche offrant son fils en sacrifice, l’image de Dieu le Père offrant son Fils Jésus ; Isaac portant le bois du sacrifice est l’image de Jésus portant sa croix ; le bélier substitué à Isaac représente l’Agneau de Dieu prenant la place de l’humanité pécheresse et se sacrifiant pour elle.

Il est à souligner que cet évènement est commémoré dans d’autres religions :
- par les juifs le jour de Roch Hachana, jour du jugement, leur nouvel an
- par les musulmans lors de l’ Aïd el Adha, fête du sacrifice, mais le fils est pour eux Ismaël, le premier né, fils de l’esclave Agar.

Textes liturgiques : Copyright AELF – Paris – 1980 – Tous droits réservés