Rencontre des étudiants d’Albi avec Sophie Saint-Martin

Chaque mois, l’Association Sainte-Cécile des étudiants d’Albi (ASCEA) propose un dîner grand témoin : l’occasion de débattre et d’échanger avec différentes personnalités, laïcs et ecclésiastiques. En janvier, l’ASCEA recevait Sophie Saint-Martin, aumônier à l’hôpital d’Albi.

L’histoire d’une vie

Sophie Saint-Martin est née de parents athées, anticléricaux mais très généreux. Son enfance sera bouleversée par le décès de son père, elle est alors âgée de huit ans. A la fin de ses études, la jeune femme qui rêve de devenir cameraman, s’embarque dans un périple au Burkina Faso pour un reportage. Mais sur le chemin du retour elle montre des symptômes d’une méningite. Bien qu’elle soit rapidement prise en charge, Sophie sombre dans une dépression qui lui provoque des crises de larmes à répétition. Dans son quotidien elle a appris à s’isoler afin de mieux gérer ses phases difficiles. Jusqu’au jour où, au travail, sentant les larmes monter, elle se sent pousser vers la machine à café. Depuis le couloir elle entend les conversations, les bruits de ses collègues. Elle sait qu’elle ne sera pas capable de se retenir bien longtemps de pleurer mais c’est plus fort qu’elle, elle ne peut pas faire demi-tour. La salle se vide petit à petit et une jeune intérimaire s’approche d’elle. Inquiète, celle-ci s’enquiert de savoir si Sophie pense pouvoir sans sortir seule. D’abord ébranlée par la question, elle accepte pourtant de poursuivre la conversation. Il est vite question d’un lieu de prière rue du Bac à Paris, la chapelle Notre-Dame de la médaille miraculeuse.

L’histoire d’une rencontre

Les deux jeunes femmes décident d’y aller ensemble. Là-bas, Sophie fait une rencontre qui bouleversera le reste de sa vie. Arrivée devant l’exceptionnelle statue de Marie invitant à demander en prière, elle tombe à genoux et formule en son cœur cette demande “Dieu, si tu existes, je veux comprendre”. Elle ne demande pas la guérison, elle ne demande pas une aide pour sortir de la dépression, elle veut “comprendre”. Quelques semaines plus tard, Sophie a intégré le groupe de prière pour essayer de “comprendre qui est Dieu”. Elle va également passer par d’autres chemins tels que le parcours Alpha. A cet instant, il n’est pas encore question pour elle de demander le baptême. Pourtant lorsqu’un prêtre lui fait part des deux ans de catéchuménat, la toute jeune convertie se laisse porter. “Je me disais que le jour où je voudrais recevoir le baptême, il faudrait que j’attende deux ans, alors j’ai commencé tout de suite. Ce qui ne m’engageait en rien si je n’avais toujours pas envie après ce cheminement”. Sophie était alors très loin d’imaginer que trois mois seulement après avoir commencé, elle ressentirait ce désir ardent d’être comptée parmi les enfants de Dieu.

L’histoire d’une résurrection

Lors de son baptême à Pâques, Sophie a déjà une petite fille en bas-âge qu’elle allaite. Au début de la célébration, son esprit n’est pas tellement concentré sur ce qu’elle est en train de vivre: elle est préoccupée par son mari, athée et sa petite fille qui pourrait pleurer à tout instant. Mais c’est déjà le moment de l’onction du saint chrême… “J’ai relevé la tête et j’ai été éblouie par la beauté des prêtres présents! Et j’ai entendu cette voix paternelle, douce et ferme qui me disait: “vois combien vous avez besoin d’eux et vois combien je les aime”. Ces paroles je les ai ressenties comme un rétablissement suite aux blessures causées par les paroles violentes de mon père envers l’Eglise et envers les prêtres, sans que mon amour pour lui ne soit altéré”. Suite à son baptême, Sophie n’a plus jamais ressenti les séquelles de sa maladie, laissant les médecins dans l’incompréhension la plus totale. Ses accompagnateurs lui offrent Le Rosaire de Daniel Ange pour qui elle développe une profonde admiration.

A la naissance de ses filles, Sophie a arrêté l’audiovisuel. Elle travaille quelques temps dans la nutrition, mais elle ne s’y retrouve pas complètement. Sa petite famille déménage à Albi où elle fait la rencontre des jeunes de Jeunesse Lumière. Lors d’une retraite spirituelle, à une amie qui lui posait la question, elle dit spontanément être en recherche d’emploi. Elle prie chaque jour pour être éclairée sur son orientation professionnelle, jusqu’à ce que son amie évoque avec elle le poste d’aumônier en hôpital. “Je ne me sentais pas du tout capable de tenir une telle responsabilité. En plus il fallait vraiment réfléchir car le poste se trouvait à Mazamet. Mais c’était sans compter sur le plan du Seigneur”. Quelques temps plus tard, un poste se libérait à Albi…

C’est avec beaucoup de simplicité que Sophie nous a livré son témoignage qui nous invite aujourd’hui et à tout instant à prier pour les prêtres, pour les vocations et pour les catéchumènes, trésors de l’Eglise.

 

Prochaines dates :

  • Mercredi des Cendres 14 février : bol de riz et soirée de prière
  • Mercredi 14 mars : Mathieu Salmon, diacre, parlera de la pensée sociale de l’Eglise