Aider les catéchumènes à trouver leur place dans l’Eglise

Chaque année, une vingtaine d’adultes du diocèse d’Albi demandent le baptême. Leur parcours vers les sacrements est accompagné par une équipe, attentive à ce que chacun puisse trouver sa place dans l’Eglise. Une centaine de ces accompagnateurs, venus des huit diocèses de la région de Toulouse, participaient à une journée de formation samedi 27 janvier.

« Quand j’ai demandé le baptême à 27 ans, c’était une envie soudaine, je pensais que tout allait se dérouler très vite » témoigne Anne, souriante trentenaire de Ramonville. Après une recherche sur internet, elle parvient à contacter la paroisse la plus proche de chez elle et voit se mettre en place équipe de quelques catholiques enthousiastes qui la retrouvaient tous les mois : « C’était mon équipe de choc ! Cela répondait à mon besoin de partager, de sortir de chez moi, de cheminer en découvrant les témoignages d’autre personnes. On était tous là, très différents, avec notre amour de Jésus ! »  Plus tard, des réunions diocésaines lui ont permis de rencontrer d’autres catéchumènes, de découvrir qu’elle n’était pas la seule à vivre ce cheminement. Mais à l’approche du baptême, Anne se rend compte que l’équipe va bientôt se dissoudre, que les accompagnateurs vont lui manquer, qu’elle risque de connaître une certaine solitude dans sa vie de foi. Son témoignage trouvait donc un écho particulier pour cette journée de formation « Accompagner et intégrer les catéchumènes ».

Devenir membres de l’Eglise

Formation des accompagnateurs de catéchumènes à Toulouse, janvier 2018

Monseigneur Nicolas Brouwet, évêque accompagnateur du catéchuménat pour la province, soulignait que l’intégration des nouveaux baptisés est profondément différente de la mobilisation des adhérents pour une association… En effet, L’Église est « en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen Gentium §1). Appuyé sur cette définition de l’Eglise, l’évêque expliquait : « Cette unité de tous est la vocation des baptisés parce c’est le désir de Dieu ! Là où le péché a « éclaté » l’humanité et l’a divisé, le salut nous est offert par l’Eglise pour retrouver la communion. Entre les baptisés qui ont le même Père s’installe une fraternité qui est déjà le Salut, qui annonce déjà le Ciel. » 

Monseigneur Brouwet, en reprenant les paraboles proposées par Jésus dans la prédication du Royaume, mettait en évidence qu’il s’agissait toujours pour le membres de l’Eglise d’être au service de bien plus grand que la communauté : le sel donne du goût à tous les aliments ; la lumière illumine toute une pièce ; la semence porte du fruit à cent pour un ; le grain de sénevé abrite tous les oiseaux du ciel ; le levain fait monter toute la pâte… « Lorsque vous participez à la messe du dimanche, vous portez l’humanité ! » affirmait-il ainsi avec force.

Dans l’Eglise, il n’y a donc pas des débutants et des experts, mais il y a des frères et sœurs tous liés les uns aux autres. Les catéchumènes et les nouveaux baptisés, les recommençants et les fidèles de longue date doivent tous s’entendre dire : « Tu as quelque chose à nous apporter ».

 

Quelques pistes concrètes

Forts des éclairages de Monseigneur Brouwet et des différents témoignages entendus, les accompagnateurs de catéchumènes (prêtres, diacres, religieux et de nombreux laïcs) ont pu échanger au long de la journée. Ils relevaient des pistes pour faire vivre chaque communauté comme un « sacrement de salut » et y intégrer les catéchumènes et les nouveaux baptisés.

  • Une catéchèse trinitaire qui ne cache pas la dimension du péché. Le péché ici n’est pas évoqué d’abord comme un moralisme, mais comme la cause de toute division, de toute séparation. Le baptême qui est un appel à entrer dans la communion divine fait sortir de l’isolement du péché. Les personnes qui demandent le baptême doivent entendre, au long de leur cheminement en Eglise, qu’elles vont devenir un élément constitutif de cette communauté de Salut.
  • Une expérience de la prière commune. Les moyens de la prière sont variés, mais il importe que des catéchumènes puissent voir des chrétiens qui prient, qui parlent à Dieu. Se tenir ensemble devant le Père, parler au Seigneur en « sortant ses tripes », est une expérience qui nourrit la fraternité.
  • Une mission donnée dans une communauté pérenne. En même temps qu’ils connaissent une « fraternité provisoire » dans l’équipe d’accompagnement vers les sacrements, les catéchumènes sont appelés à sentir que la communauté a besoin d’eux. Ils devront passer de catéchumène à disciple-missionnaire. Vivre le service et l’amour du prochain peut se faire au sein de la communauté paroissiale (lecture pendant les célébrations, service pour un apéritif, garderie des jeunes enfants…) ou au cœur du monde (engagement associatif, visite aux malades…)
  • Une communauté formée à l’accueil. Le moment de « l’entrée en Eglise » des catéchumènes peut ainsi être célébré de manière à faire participer toute la communauté. Au cours du carême, les accompagnateurs pourront confier particulièrement les catéchumènes à la prière de toute la communauté (pourquoi pas rappeler leur prénom sur la feuille paroissiale ou sur le panneau d’affichage ?).

Aller plus loin...

  • Appel décisif des catéchumènes

    L’appel décisif des catéchumènes adultes sera célébré dimanche 18 février, 1er dimanche de Carême, à Rabastens. Tous les fidèles sont invités à les entourer, à rendre grâce pour cet appel et à les porter dans la prière tout au long du carême.

  • Catéchuménat : recevoir le baptême à tout âge

    Etre baptisé, confirmé, ou communier pour la première fois, c’est possible à tout âge ! Un service du catéchuménat propose un accueil et un accompagnement personnel pour aider à connaitre et rencontrer Jésus-Christ et l'Eglise.